Dans son nouveau titre « Rivière de maux », Leader Vocal dénonce la tragédie des migrants

Seulement deux ans après la formation du groupe de rap Leader Vocal en 1991, les deux frères fondateurs, François et David Furtade, jeunes des quartiers, originaires du Cap-Vert, font une rencontre déterminante avec l’évangile et décident de suivre Jésus.

Ils deviennent en 1993, le premier groupe de rap francophone chrétien. Par la suite, François est devenu pasteur en Suisse, et David, missionnaire au coeur des favelas du Brésil, mais ils n’ont jamais cessé d’annoncer leur foi en rappant. Ils sortent prochainement leur nouvel album et ont mis en ligne un premier clip. François Furtade a répondu aux questions d’Info Chrétienne pour vous le présenter.

Le premier titre de votre prochain album, « Rivière de maux » vient d’être mis en ligne. Le clip laisse entrevoir votre compassion pour les migrants, votre rejet du racisme et votre témoignage chrétien dans la société. Vous y déclarez « Le sang continue de couler. L’homme aux rimes d’or revient pour le crier». Ce titre annonce t-il un album engagé et ancré dans la réalité de notre monde ?

Effectivement, notre album sera un album engagé qui traite d’un réel combat entre le bien et le mal. Un combat contre les puissances des ténèbres qui dénoncera la persécution des chrétiens dans le monde, et marquera clairement notre position dans une société où être serviteur de Dieu est pour nous la seule alternative.

Face à la recrudescence de violences anti-chrétiennes, il était difficile pour nous de rester muets même si certaines situations nous laissent sans voix… Tenir ferme, combattre le bon combat de la foi sont des leitmotivs dans notre album.

En 2014, vous dénonciez la persécution des chrétiens à travers le monde, au travers de 3 titres. Votre combat s’étend-il à tous ceux qui fuient la barbarie et se retrouvent déracinés ?

Oui, notre combat s’étend vers tous ceux qui sont victimes d’injustices, même s’il est vrai que nous avons décidé de nous impliquer davantage pour dénoncer la position injuste des chrétiens persécutés.

Nous sommes actuellement avec notre église impliqués dans un réel travail de soutien et d’annonce de l’évangile en faveur des réfugiés politiques. Nous travaillons avec plusieurs centres qui s’occupent de requérants d’asile, la situation des migrants nous touche tout particulièrement. C’est pour nous une preuve de civisme que de se porter volontaire pour venir en aide à ces personnes qui ont pour la plupart souvent tout perdu.

Vos origines capverdiennes et votre parcours multiculturel semblent peser encore dans vos textes comme dans « Mon identité », sorti en 2015, à l’occasion du film « Patries ». Le déracinement vécu dans l’enfance et le rejet dont vous avez pu faire l’objet, sont-ils devenus des moteurs pour accompagner ceux qui souffrent vers Jésus et vers la résilience ?

Pour le morceau « Mon identité » nous sommes vraiment rentrés dans la peau de l’un des personnages du film de Cheyenne Carron. Le texte n’était pas une position personnelle mais vraiment écrit pour le film, en l’occurrence un jeune homme blanc victime du racisme dans son pays. Pour notre part, nous avons vécu, plus jeunes, des crises identitaires dont nous avons été totalement guéris lorsque nous avons connu l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ.

Ceci étant, le monde cruel et raciste dans lequel nous vivons parvient régulièrement à nous rappeler nos origines dont nous sommes d’ailleurs très fiers.

Notre parcours nous amène effectivement à comprendre certaines situations, et à la lumière de l’évangile, nous témoignons clairement de l’identité de l’homme en Christ. Il est le seul capable d’accompagner l’homme et la femme, quelle que soit leur origine, à supporter les épreuves de la vie, le seul capable de nous faire traverser cette rivière de maux qu’est le monde.

Tout au long de votre parcours atypique, de la banlieue au ministère pastoral en Suisse et à la mission dans les favelas du Brésil, le rap est resté un vecteur privilégié pour communiquer votre message. Est-ce un moyen de rester proche de « Ces autres qui n’ont rien, et que vous avez en haute estime » ?

Nous pensons que la musique est un vecteur qui permet d’aller vers l’autre… Je dirais que le Rap est surtout un langage artistique avec lequel nous savons nous exprimer. Nous parlons cette langue depuis tellement d’années mais c’est la compassion pour les âmes qui nous amène à rester proches des autres. Comme le dit mon frère David :

« Ces mômes qui n’ont rien, je les ai en haute estime » 

Vous vous décrivez comme «multipistes », vous êtes rappeurs, pères de famille, pasteur et missionnaire. Quels sont vos projets pour cette année qui commence, tant sur le plan artistique que familial et dans votre ministère ?

Nous servons Dieu par tous les moyens nécessaires, cela nous amène à être variés dans nos activités. Notre objectif d’une manière générale est d’occuper le terrain pour la gloire d’un seul nom, Jésus et Jésus seul, d’être à notre poste, pour nos familles et ministères.

Qui plus que Dieu a de bons vœux pour cette année 2016 ? Nous nous attendons donc à lui pour qu’il nous porte dans ce qu’il a de meilleur pour nous, et qu’artistiquement il nous conduise vers ce que lui définit comme étant le succès.

Soyez tous bénis et que la paix vous accompagne.

Propos recueillis pour Info Chrétienne par H.L.

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