« Occupe-toi de ton utérus », ce magnifique cri d’alerte fait écho sur le web et suscite la compassion

« Juger, c’est de toute évidence, ne pas comprendre. Si l’on comprenait, on ne pourrait plus juger. » Cette citation extraite des Conquérants d’André Malraux, pourrait résumer le cri d’alarme de la blogueuse Nadirah Angail, dont l’article sur la maternité est en ce moment repris et partagé par de nombreux médias.

Car le message de ce texte est si fort et si brutalement conforme à la réalité, que l’on ne peut que s’identifier à cette personne qui souffre en silence, mais aussi – et c’est là tout le paradoxe – à cette autre qui juge sans connaître. Il est des événements que l’on ne choisit pas. Il en est d’autres que l’on désire ardemment, mais qui se font attendre. Certains choix sont quant à eux incompris ou surprennent, alors même qu’ils sont le fruit d’une volonté profonde et d’une histoire riche et personnelle.

Fausses couches, stérilité, enfants uniques, grossesses multiples, familles nombreuses, célibat… Qu’elle soit subie ou choisie, la composition d’une famille est systématiquement l’objet de commentaires, analyses, regards appuyés, paroles hâtives et maladroites, ou commentaires désobligeants… Alors oui !

« Occupe-toi de ton utérus ! »

Cette femme de 30 ans qui souhaite devenir maman depuis 16 ans et qui a connu 4 fausses couches, un accompagnement médical, et dont le mari rêve de devenir père. Cette femme qui pleure dans le secret et se noie dans le travail pour conserver malgré tout son énergie et une direction dans sa vie… Cette femme n’a besoin ni de ta pitié, ni de tes commentaires, ni de tes conseils peu avisés. Car elle pleure…

« Elle pleure parce que cela fait 16 ans qu’elle essaie. Elle pleure parce qu’elle est une super tatie. Elle pleure parce qu’elle a déjà choisi des prénoms. Elle pleure parce qu’il y a une pièce vide dans sa maison. Elle pleure parce qu’il y a un espace vide dans son corps. Elle pleure parce qu’elle a beaucoup à offrir. Elle pleure parce qu’il serait un super papa. Elle pleure parce qu’elle serait une bonne mère… Elle pleure parce que sa belle-famille veut devenir grand-parent. »

Et cette femme de 34 ans qui a déjà 5 enfants, qui ne peut plus sortir sans devoir répondre au fameux « C’est à vous tout ça ! », sans avoir à supporter les regards amusés ou accusateurs à la caisse du supermarché. Elle en a assez de voir d’autres s’immiscer pour connaître sa méthode de contraception. Et pire encore.. Elle ne peut partager sa joie et son bonheur de bientôt accueillir le sixième, cet enfant qu’elle et son conjoint ont tant désiré. Cette femme n’a besoin ni de ta pitié, ni de tes commentaires, ni de tes conseils peu avisés. Car elle pleure…

« Elle change de sujet, comme elle le fait toujours, et laisse passer le manque de respect. Juste une fois de plus. Seule, elle pleure… Elle pleure parce qu’elle a toujours voulu une grande famille et ne comprend pas pourquoi les gens semblent si dérangés par cela. Elle pleure parce qu’elle ne pourrait pas imaginer la vie sans ses enfants, alors que les gens voient cela comme une punition. »

Une autre de ces femmes, élève avec amour son enfant unique. Elle fait face, à chaque dîner chez des amis, à la pause café au travail et même dans sa famille, à la lancinante question, « Et le deuxième, c’est pour quand ? ». Cette femme n’a besoin ni de ta pitié, ni de tes commentaires, ni de tes conseils peu avisés. Car elle pleure…

« Elle pleure parce que sa seule grossesse était un miracle. Elle pleure parce que son fils demande toujours un frère ou une soeur. […] Elle pleure parce que son médecin dit que ce serait ‘à haut risque’. Elle pleure parce qu’elle a du mal à prendre soin de celui qu’elle a. […] Elle pleure parce que son mari ne veut même pas penser en avoir un autre. […] Elle pleure parce que sa dépression post-partum était si intense. […] Elle pleure parce qu’elle ne peut pas imaginer vivre cela de nouveau. »

« Juger, c’est de toute évidence ne pas comprendre », disait Malraux. Cette phrase ne porte t-elle pas en germe la voie à suivre pour cesser de juger ? Connaître, comprendre, accepter que l’autre vive, pense et agisse autrement, et que ces choix ne sont « ni mal, ni bien ». Ils sont ses choix, ou ces situations que la vie lui impose.

Paul déclarait aux Éphésiens,

Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.
Éphésiens 4:32

N’oublions pas que « celui qui souffre a droit à la compassion de son ami », quelles que soient les circonstances, quel que soit son comportement, quelle que soit son attitude, et « même quand il abandonnerait la crainte du Tout-Puissant », précise le texte de Job 6:14.

Nadirah Angail conclut son texte par ces mots que nous faisons nôtres aujourd’hui.

« Ces femmes sont partout. Elles sont nos voisines, nos amies, nos soeurs, nos collègues, nos cousines. Elles n’ont aucune utilité de nos conseils ou opinions. Leurs utérus sont les leurs. Respectons cela. »

Traduit et commenté par H.L.

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