Oui, l’OMS recommande l’enseignement de la masturbation aux enfants de 4 ans, et ce n’est pas tout

Suite à notre article sur le vote de la Loi Schiappa qui considère toujours qu’un mineur de 15 ans (et moins) puisse consentir à une relation sexuelle avec un adulte, et la déclaration de la secrétaire d’État sur RMC qui attestait qu’elle demanderait aux recteurs de faire appliquer « une loi […] qui demande qu’il y ait trois séances d’éducation à la vie affective et sexuelle faites par an » dans les écoles, collèges et lycées, nous vous proposons de faire le point aujourd’hui sur les divers documents en lien avec l’éducation à la sexualité, en vigueur en France et en Europe.

Contrairement aux idées reçues, tous les documents mentionnés lors des débats n’émanent pas du Ministère de l’Éducation Nationale. En effet, la publication du bureau régional pour l’Europe de l’Organisation Mondiale de la Santé (2010), Standards pour l’éducation sexuelle en Europe est peut-être l’une des plus explicites.

Le document est qualifié par ses auteurs de « Cadre de référence pour les décideurs politiques, les autorités compétentes en matière d’éducation et de santé et les spécialistes ». À partir de la page 38, un tableau spécifie l’information à donner aux enfants selon leur âge, ainsi que les compétences et attitudes à travailler.

Le document prévoit ainsi d’informer :

  • L’enfant de 0 à 4 ans sur “le plaisir et la satisfaction liés au toucher de son propre corps, la masturbation enfantine précoce”, “la tendresse et le contact physique comme une expression de l’amour et de l’affection”, “le droit de refuser si l’expérience ou le ressenti n’est pas plaisant”, “le droit d’explorer les identités sexuelles”.
  • L’enfant de 4 à 6 ans sur “les sensations liées à la sexualité (proximité, plaisir, excitation) comme faisant partie de la gamme des sensations humaines”, “les différences liées aux genres”.
  • L’enfant de 6 à 9 ans sur “les choix possibles en matière de parentalité, grossesse, infertilité, adoption”.

La liste se poursuit ainsi pour les enfants de 9-12 ans, 12-15 ans, 15 ans et plus.

Plus récemment en France, la « Stratégie nationale de santé sexuelle » fixant un agenda 2017-2030, a été publié sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé. On y apprend que le premier objectif du premier axe sera « d’éduquer les jeunes à la sexualité, à la santé sexuelle et aux relations entre les personnes ». La « vision » de l’axe I est « d’agir précocement auprès des jeunes pour permettre à chacun de prendre des décisions éclairées et responsables quant à leur santé sexuelle ».

Dans un document annexe fixant la feuille de route 2018-2020, on apprend que la première des 26 actions mises en oeuvre sera de « produire un plaidoyer interministériel pour promouvoir l’éducation à la sexualité ». « Elaborer, à l’attention des professionnels, des relais et des parents, un plaidoyer partagé au niveau interministériel en faveur de cette démarche, qui explique le contenu de l’éducation à la sexualité aux différents âges de la vie ».

Le document n’indique pas si le document de l’OMS mentionné plus haut fera référence pour la rédaction du futur plaidoyer.

Le document de l’UNESCO, Principes directeurs internationaux sur l’éducation sexuelle, voit quant à lui un grand intérêt à confier l’éducation sexuelle aux enseignants. Il stipule que « les enfants âgés de 5 à 13 ans, en particulier, passent un temps relativement long à l’école. Par conséquent, les écoles ont, concrètement, les moyens d’être en contact répété et durable avec un grand nombre de jeunes de différents milieux ».

Aujourd’hui, plusieurs textes font référence pour les enseignants français :

  • L’article L312-16 du Code de l’Éducation (2001) qui prévoit qu’«une information et une éducation à la sexualité soient dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène».
  • La circulaire « L’éducation à la sexualité dans les écoles, les collèges et les lycées » (2003), qui prévoit que « trois séances d’information et d’éducation à la sexualité doivent, au minimum, être organisées dans le courant de chaque année scolaire ».
  • Le site Éduscol, du Ministère de l’Éducation Nationale, qui propose d’éduquer à la sexualité selon 3 axes, biologique, social et psychoaffectif (abordant les questions d’orientation sexuelle et d’identité).
  • Le site Canopé, placé sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale,  édite « des ressources pédagogiques répondant aux besoins de la communauté éducative ». Le site annonce que les Standards pour l’éducation sexuelle de l’OMS répondent « à la demande des adultes intervenants » qui « expriment régulièrement leur besoin de disposer d’un référentiel sur les connaissances ». Le site considère que le texte de l’OMS « propose un cahier des charges pour une éducation à la sexualité, avec un cadre et des exigences de base ».

Des ressources à disposition des professionnels et des particuliers existent également :

Face à l’ensemble de ces faits, des professionnels de l’enfance ont déjà fait entendre leurs voix et tirent la sonnette d’alarme.

Pour le collectif de psychologues et pédopsychiatres fondé par le Dr Maurice Berger, « les adultes n’ont pas à initier les enfants à la sexualité et au plaisir sexuel ».

« Nous, professionnels de la psychologie et de la psychiatrie, du psychotraumatisme et de l’enfance, dénonçons les risques de ‘l’éducation sexuelle’ et des ‘droits sexuels’ mettant en danger les enfants, sous couvert d’idéaux de ‘prévention’ et ‘d’égalité’. »

Pour Ariane Bilheran, psychologue clinicienne, docteur en psycho-pathologie, spécialiste de l’analyse de la psychologie du pouvoir et des pouvoirs déviants, le projet de la “Déclaration des Droits sexuels » “d’éduquer sexuellement les mineurs” est une grave dérive qui ouvre la porte à la perversion de la pédophilie.

“Il existe de dérives graves en France au travers de la prétention des adultes à éduquer sexuellement des mineurs sexuels. »

La rédaction

Mise à jour : L’article a été augmenté de l’information sur le réseau Canopé, le 31 août 2018.

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