Pakistan : Manifestation à Lahore pour demander au gouvernement de prendre des mesures contre les violences policières

Le mouvement Rwadari Tehreek a organisé une manifestation mercredi 23 mars à Lahore pour obtenir du gouvernement la mise en place de mesures concrètes pour mettre fin aux exécutions extrajudiciaires et à la torture policière. 

Mercredi 23 mars des manifestants se sont rassemblés à Lahore au Pakistan devant le Lahore Press Club pour demander la fin des abus policiers dans le pays. Ce rassemblement a été organisé à l’initiative du mouvement Rwadari Tehreek et survient après le meurtre d’un étudiant, Irfan Jatoi et le décès de deux personnes lors d’une fausse fusillade avec la police.

C’est le 9 mars dernier, qu’Irfan Jatoi, un étudiant de l’Université du Sindh, a été retrouvé mort à Sukkur. D’après Geo News, ses camarades de classe affirment qu’il a été enlevé dans les locaux de l’université par la police et assassiné plus tard lors d’un faux affrontement avec les forces policières.

Un épisode qui vient s’ajouter à la longue liste des violations des droits de l’homme commises par la police au Pakistan. La torture perpétrée par les forces de l’ordre (LEA) est un problème omniprésent, aggravé par le fait qu’il n’y a pas de loi criminalisant la torture au Pakistan. Malgré plusieurs tentatives pour rendre criminel ces agissements les législations proposées n’ont pas abouti.

Le dernier projet de loi sur la question déposé par la sénatrice Sherry Rehman le 10 février 2020 et intitulé « Projet de loi 2020 sur la torture et la détention (prévention et punition) » n’a pas encore été adopté au parlement.

C’est précisément ce que déplorent les manifestants qui se sont réunis mercredi à Lahore. Ils souhaitent que des enquêtes judiciaires soient menées par le gouvernement et que des mesures sévères soient prises contre les responsables.

Asia News rapporte les propos du président du mouvement Rwadari Tehreek, Samson Salamat qui a déclaré lors du rassemblement être « extrêmement préoccupé » par cette situation qui est une « violation du droit national et international des droits humains ».

« Nous sommes extrêmement préoccupés par les nombreuses allégations d’exécutions extrajudiciaires et de morts en détention. Les exécutions extrajudiciaires sont généralement le point final d’une série de violations des droits humains et constituent une violation du droit national et international des droits humains. »

C’est pourquoi son mouvement exhorte le gouvernement à prendre des « mesures immédiates ».

« Nous exhortons les gouvernements fédéral et provinciaux et les départements concernés à prendre des mesures immédiates pour mettre un terme à l’utilisation répétée du processus d’enlèvement ou d’arrestation arbitraire, de torture et d’exécutions extrajudiciaires et à veiller également à ce que l’utilisation de faux les tueries sont arrêtées. »

Il affirme que « le moyen le plus efficace de mettre un terme à ces actes illicites est d’assurer une enquête efficace sur toutes les allégations d’exécutions extrajudiciaires par le biais de commissions judiciaire », avant d’ajouter que les personnes « présumée responsable de telles violations graves des droits de l’homme » doivent être traduites « devant un tribunal civil et jugée conformément aux normes internationales » au cours d’un processus qui doit assurer la « protection des témoins ».

Samson Salamat rappelle que la « Constitution du Pakistan garantit à tous les citoyens le droit à un procès équitable, par le biais de procédures indépendantes et transparentes » tout en affirmant que personne n’est au dessus des lois.

Camille Westphal Perrier

Crédit image : A M Syed / Shutterstock.com

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