Parce que l’absence d’un père est toujours une tragédie même lorsque c’est un choix, non à la PMA sans père

« Mettre un enfant délibérément dans une situation que l’on connait à risque, est-ce que c’est le rôle de la médecine ? »

Mesure phare de la révision de la loi de bioéthique, la PMA sans père, c’est-à-dire, l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules prévoit de faire venir au monde des enfants privés de père.

Pas de problème pour Agnès Buzyn, puisque selon elle, le « rôle symbolique » du père peut être occupé par « une femme, […] des oncles, une grand-mère ». Cette assertion n’est pas si évidente pourtant si l’on en croit les membres de l’Académie nationale de médecine ou les psychiatres interrogés lors des auditions de la commission spéciale bioéthique.

Selon les membres de l’Académie nationale de médecine, priver, de manière délibérée, un enfant de père est même une « rupture anthropologique majeure », non « sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant ».

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Première problématique soulevée par Myriam Szejer, pédopsychiatre psychanalyste, attachée à la maternité et au centre de PMA de l’hôpital Foch de Suresnes, la question de l’anonymat des donneurs. Elle l’affirme, ce « secret » est perçu comme une séquestration pour certains de ces enfants.

« Il y a toujours eu des secrets de familles. Ça alimente la névrose ordinaire. Mais lorsque ces secrets deviennent secrets d’État, là ils deviennent très persécutifs. […] Ça peut déclencher des sentiments tout à fait violents chez les gens qui en sont les victimes. Ils ont l’impression que l’on séquestre quelque chose qui leur appartient et ils le vivent très mal. »

Ce « secret » impose un silence sur la question de leur généalogie, mais aussi sur leur héritage médical et constitue un frein dans la quête d’identité des enfants issus de donneurs. Ce « secret » contraint également les enfants à vivre dans une « ambiance incestuelle », un « climat » « générateur d’angoisses de formes diverses », d’après la psychiatre.

« Ils sont sans cesse dans la réalité exposés au fait de savoir, est-ce que je désire mon frère, ma soeur, mon père, ma mère. Est-ce qu’il y a des risques que je fasse des enfants avec eux ? […] C’est dans ce climat qu’ils vivent, qui est un générateur, parfois conscient, parfois inconscient, et toujours générateur d’angoisses dans des formes diverses. »

Le professeur Pierre Lévy-Soussan, psychiatre, évoque quant à lui les « échecs de filiation », qui sont « un vrai sujet tabou ». Pour lui, l’intervention d’un tiers dans le couple, « tiers médical dans le cadre de la PMA », « va complexifier les représentations du devenir parent », déjà complexe au demeurant, que ce soit du point de vue des parents, comme du point de vue de l’enfant.

« Des enfants qui n’ont pas réussi à se transformer en fils ou filles, ou bien des parents qui n’ont pas réussi à se transformer en père et mère de l’enfant. C’est-à-dire, ce n’est pas parce qu’on a un enfant, que l’on est parent. »

Mettre un enfant « dans une situation où il n’aura absolument pas de père » est une « véritable discrimination » selon lui. Il explique que dans le cadre de la PMA actuelle, les enfants peuvent « se penser venir du couple », ce qui ne sera plus le cas avec la PMA sans père.

« Il y aura une véritable discrimination qui jouera, […] si on modifie les paramètres de cela en supprimant le père, on met [l’enfant] dans une scène d’engendrement impossible à penser pour lui. »

Il rappelle que de manière générale, les enfants révèlent les « faillites » des parents. Et dans le cadre de la PMA sans père, les femmes célibataires se retrouveront seules face à leur enfant pour répondre à cette « faillite » de « l’éviction du père ».

« Mettre un enfant délibérément dans une situation que l’on connait à risque, est-ce que c’est le rôle de la médecine ? »

Myriam Szejer émet également des réserves au sujet de la PMA pour les femmes seules. Elle évoque leur « culpabilité inconsciente ou consciente » née de leur décision « de ne pas avoir donné de père ».

« J’émets quelques réserves sur l’accès à la PMA pour les femmes seules. […] J’en ai rencontré un grand nombre. J’ai repéré quand même une importante fragilité chez ces femmes, avec une culpabilité, inconsciente ou consciente, ça dépend desquelles, sur le fait de ne pas avoir donné de père à un enfant. Cette culpabilité, surtout lorsqu’elle est inconsciente, donne naissance à une forme d’anxiété, d’anxiété maternelle dans la manière dont elles vont s’occuper de leur enfant. »

Et cette « anxiété maternelle » n’est pas sans conséquence, car la mère, pour y pallier, va mettre en place, selon elle, un système d’ « attitudes compensatoires ».

« Elles vont trop s’en occuper, trop les couver, avoir des idéaux pédagogiques démesurés, enfin être toujours dessus. Le fait de ne pas pouvoir avoir recours à un tiers pour médiatiser un petit peu la chose entre elle et leur enfant, donne des couples mère-enfant qui sont parfois hautement pathologiques, voire souvent. »

Pour Pierre Lévy-Soussan, évincer le père de la filiation n’est donc pas anecdotique.

« À chaque fois qu’on change un paramètre de sa vie, ça va se traduire par une exigence psychique plus importante pour lui, et là encore, ça sera quelque chose que l’enfant payera sur le plan de son développement. »

« Secrets d’État », « culpabilité inconsciente », « échecs de la filiation » et disparition des origines. Face à ces constats d’experts, il est de rigueur de s’interroger sur la bienséance ou non de l’utilisation de la science dans une « optique sociétale », proposée par la PMA sans père, et non plus dans une « optique médicale », comme c’est le cas dans le cadre de la PMA actuelle.

M.C.

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