Perseverance, nouvelle avancée vers de futures missions habitées sur Mars

C’est un véritable exploit, et une nouvelle étape de la conquête spatiale : après six mois de voyage et sept minutes de silence, le rover Perseverance a « atterri » sur Mars en temps et en heure le 18 février au soir, heure de Paris.

Pour le plus avancé des engins jamais envoyés sur la planète rouge (plus d’une tonne de matériel high tech, dont quelques équipements conçus en France), cette mission doit maintenant être à la hauteur de son budget de plus de 2,5 milliards de dollars : parvenir à dire s’il y eu un jour de la vie sur Mars et, après Viking 1 et 2 (1976), Sojourner (1997), Spirit et Opportunity (2004), Phoenix (2008), Curiosity (2012) et InSight (2018) – seules missions réussies parmi les 15 tentatives humaines – continuer à collecter des informations pour rendre possibles de futures missions habitées, comme les prépare d’ores et déjà Elon Musk, le fantasque multimilliardaire à la tête de Tesla et SpaceX.

Pour l’astronaute français Jean-François Clervoy, cette mission fait clairement partie de celles qui amèneront un jour des humains à la surface de la planète rouge.

Perseverance doit vérifier si, comme les scientifiques l’imaginent, le cratère Jezero où il s’est posé, a priori l’un des plus anciens de la planète, a contenu de l’eau il y a 3,5 milliards d’années. Avec son bras robotique de plus de deux mètres et ses 19 caméras, l’engin est à même de rechercher toute preuve de vie ancienne à la surface de Mars. SuperCam, la tête « made in France » de ce Rover, intègre cinq techniques différentes d’analyse à distance. Elle va commencer, dans les semaines à venir, à analyser, grâce à son laser et à plusieurs spectromètres, la composition chimique et minéralogique du sol. Puis, dans plusieurs mois, la sonde commencera à pratiquer des prélèvements dans ce qui semble avoir été le delta d’une ancienne rivière. Son but : y découvrir des traces de bio-signatures, de vie microbienne fossilisée. Mais ces prélèvements ne pourront pas être étudiés sur la surface de Mars. Ils devront être stockés dans des tubes hermétiques puis ramenés sur Terre par une mission future, pour ne nous parvenir, si tout va bien, qu’en 2031 !

L’arme secrète de Perseverance est sans doute Ingenuity, son robot volant expérimental, entre drone et mini hélicoptère. Ne pesant que 2 kg, doté de ses propres panneaux solaires, il devrait déployer ses pales de 1,2 mètres d’envergure pour procéder à des vols autonomes programmés. Sa caméra devrait aussi permettre de cartographier les abords du rover pour en faciliter la navigation.

Pourquoi maintenant ? En raison de l’existence d’une fenêtre de tir qui ne s’ouvre que tous les deux ans, optimisant les conditions de trajet entre Mars et la Terre. Des trois sondes ayant décollé l’été dernier, les deux engins émirati et chinois sont déjà installés en orbite de Mars depuis les 9 et 10 février. Au tour de la mission américaine Mars 2020 de nous permettre d’en savoir plus sur notre voisine et, qui sait, de préparer de futures missions habitées martiennes.

À quel horizon ? Pour Elon Musk, SpaceX devrait être en mesure de lancer des missions habitées à destination de Mars dès 2026. Soit quasi demain, à l’échelle de la complexité d’une telle mission. Son idée : placer en orbite terrestre son Starship, son véhicule habité actuellement en cours de mise au point, et attendre tous les 26 mois la meilleure opportunité en termes de temps de trajet pour rejoindre Mars. Jean-François Clervoy est plus réaliste, ou pessimiste, quant à une première mission habitée à destination de Mars : « Peut-être dans les années 2040« , estime-t-il.

Judikael Hirel

Source : FranceInfo

Cet article est republié à partir de La Sélection du Jour.

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