Pierluigi Maccalli revient sur son temps de captivité : « Résister pour exister ! »

« Je me suis toujours senti missionnaire même avec les pieds enchaînés. Je dirais, missionnaire du plus profond de mon cœur. »

Pierluigi Maccalli , prêtre italien de la Société des Missions Africaines, a été libéré le 8 octobre dernier après deux années de captivité au Mali, aux côtés de Sophie Petronin, dernière otage française. Dans une interview accordée à l’Agence Fides, il revient sur son temps de détention.

Le prêtre commence par évoquer ce temps de captivité.

« Résister pour exister ! Telle est la devise qui m’a accompagné et donné du courage pour aller de l’avant jour après jour. Ils m’ont enlevé en pyjama et pantoufles. Je n’avais rien et j’étais vu comme un néant par ces zélotes musulmans djihadistes qui me considéraient un « kéfir » (infidèle NDT) impur et condamné à l’enfer. »

Affirmant que son seul soutien était dans la prière, il ajoute que ce « temps de silence » lui a permis de se retourner vers « l’essentiel ».

« Le désert a été un temps de grand silence, de purification, de retour aux origines et à l’essentiel. Il a constitué une opportunité pour revoir le film de ma vie qui entre désormais dans le troisième âge. Nombreuses sont les questions que je me suis posées et j’ai crié avec fougue et plainte vers Dieu : où es-Tu ? Pourquoi m’as-Tu abandonné ? Jusqu’à quand Seigneur ? Je savais et je sais que Lui existe mais je sais que Dieu peut être vu de dos. Maintenant que je suis libre, revenu chez moi, je commence à comprendre. »

Pendant sa captivité, Pierluigi Maccalli a pu obtenir une bible. Il a également pu écouter la radio, et notamment une homélie du Pape François.

« Après deux ans d’aridité spirituelle et d’absence de la Parole de Dieu, je me sens renaître et accueille ce don comme un souffle de l’Esprit Saint qui a voulu pousser les ondes radio jusque dans le Sahara. L’Evangile et les paroles du Pape, je les ai goûtées comme jamais auparavant. Ils avaient une saveur et un goût spécial dans ce contexte. »

L’homme dit avoir été bien traité.

« Plus les jours et les mois passaient et moins je craignais une conclusion tragique. Nous constituions une marchandise précieuse pour eux et c’est pour cela qu’ils nous ont toujours bien traité dans l’ensemble. […] Ils m’ont toujours respecté en général. Ma longue barbe blanche devait avoir prise sur ces jeunes imberbes qui me gardaient. Ils m’appelaient en arabe ou tamasheq « shebani » (l’ancien). J’éprouve encore beaucoup de tristesse pour ces jeunes, endoctrinés par des vidéos de propagande qu’ils écoutaient toute la journée. Ils ne savent pas ce qu’ils font ! Je n’ai pas de rancoeur envers mes ravisseurs et mes geôliers. J’ai prié pour eux et je continue à le faire. J’ai également souhaité à celui qui a géré ma dernière année de captivité, alors qu’il nous emmenait au rendez-vous de la libération, le 8 octobre dernier, ‘que Dieu nous donne de comprendre un jour que nous sommes tous frères‘. »

Là-bas, il s’est senti « missionnaire du plus profond de son coeur ».

« Je me suis toujours senti missionnaire même avec les pieds enchaînés. Je dirais, missionnaire du plus profond de mon cœur. »

M.C.

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