PMA pour toutes : 340 médecins demandent que « l’intérêt supérieur de l’enfant soit au centre des débats »

« Le monde de la procréation a changé », déclarait mardi 25 septembre le président du Conseil Consultatif National d’Éthique, Jean-François Delfraissy, après que le Conseil se soit prononcé en faveur de l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules.

Jusqu’ici, la Procréation Médicalement Assistée – c’est à dire l’insémination artificielle et la fécondation in vitro – était réservée aux couples hétérosexuels dans le but de remédier à une infertilité médicale. Avec l’ouverture de ces techniques aux couples de lesbiennes et aux femmes seules, le Conseil entend prendre en compte, la « souffrance » liée à « un désir d’enfant », et la « reconnaissance de la diversité actuelle des structures familiales ».

Quelques jours avant cette déclaration du CCNE, l’Ordre des médecins avait été auditionné le 19 septembre par l’Assemblée Nationale. Jean-Marie Faroudjia, déclarait alors que l’Ordre national des médecins n’était pas hostile à l’extension de la PMA. Une note relative à l’extension de la PMA a d’ailleurs été publiée dès le lendemain sur le site du Conseil.

« L’Ordre ne doit pas être une instance moralisatrice face à une demande sociétale. Si la société veut une AMP élargie aux femmes seules ou homosexuelles en couple, c’est à elle de trancher. L’Ordre ne peut s’y opposer. »

Mais le 7 octobre dernier, 340 médecins ont co-signé une tribune sur le Figaro afin de protester contre la position de l’Ordre des médecins, sensé les représenter.

« Nous, médecins signataires de cette tribune, souhaitons nous désolidariser de cette prise de position car elle nous semble contraire à la vocation de la médecine et au serment d’Hippocrate pour quatre raisons principales. »

1. La PMA pour les femmes célibataires ou pour les couples de femmes « n’est pas une indication médicale ».

2. La « souffrance des femmes » en désir de maternité invoquée par le représentant de l’Ordre des médecins « n’est pas un argument recevable ».

« Il postule que ces femmes souffriront moins ou ne souffriront plus lorsqu’elles auront un enfant. Qui peut l’affirmer ? Aucune étude sérieuse n’a été menée sur la question. »

3. L’intérêt supérieur de l’enfant doit être au centre des préoccupations.

« L’assistance à la procréation avec donneur prive volontairement l’enfant de la relation structurante avec deux adultes de sexe différent. »

C’est ce qu’a souligné le comité d’éthique de l’Académie nationale de médecine le 2 mai 2018 lors de son audition devant le Comité consultatif national d’éthique.

« La tradition médicale nous apprend Primum non nocere, ‘d’abord ne pas nuire’. Et ‘fabriquer’ des enfants sans père revient à leur nuire. »

4. En ne s’opposant pas à la PMA non médicale, l’Ordre des médecins « laisse la porte ouverte à tous les abus ».

« Qui pourra s’opposer demain aux demandes de couples hétérosexuels qui voudront un bébé parfait et se tourneront vers le corps médical pour répondre à leur attente au nom de l’égalité ? »

Les cosignataires concluent en demandant au Conseil national de l’ordre des médecins de « rattraper cette faute grave et lourde de conséquences », en « désavouant la position exprimée par le représentant ».

H.L.

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