Porte-à-porte en Afghanistan : « Il y a un grand nombre d’individus qui sont actuellement ciblés par les Talibans et la menace est limpide »

Le Centre norvégien d’analyses mondiales RHIPTO dénonce « la traque de tous les individus et collaborateurs de l’ancien régime » et le ciblage de leurs familles.

« Les Talibans intensifient la traque de tous les individus et collaborateurs de l’ancien régime, et en cas d’échec, ciblent et arrêtent les familles et les punissent selon leur propre interprétation de la charia ». C’est ce qu’indique le rapport du Centre norvégien d’analyses mondiales RHIPTO publié mercredi et consulté par l’Agence Reuters.

Une réalité qui se heurte aux promesses des insurgés talibans, qui annonçaient qu’il n’y aurait pas de vengeance.

Christian Nellemann, dirige le groupe à l’origine du rapport. Il s’est exprimé auprès de la BBC :

« Il y a un grand nombre d’individus qui sont actuellement ciblés par les talibans et la menace est limpide. […] Il est écrit que, à moins qu’ils ne se rendent, les talibans arrêteront et poursuivront, interrogeront et puniront les membres de la famille au nom de ces individus. »

Selon lui, les personnes figurant sur la liste noire des Talibans sont en grave danger. Il craint des exécutions massives.

Parmi les personnes en danger, un député britannique fait part de ses craintes au sujet des 228 missionnaires présents en Afghanistan, sous le coup, selon lui d’une « condamnation à mort ».

« Il [Boris Johnson] saura qu’il y a 228 missionnaires en Afghanistan actuellement sous le coup d’une condamnation à mort. Ces missionnaires doivent être retirés d’Afghanistan. Ce sont des dizaines de milliers d’autres qui sont condamnés à mort et qui craignent pour leur vie. »

Sur les réseaux sociaux, une nouvelle vidéo révèle la détresse de ceux qui sont aux mains des Talibans et bouleverse la communauté internationale. Un bébé est confié aux soldats par-dessus les barbelés qui encerclent l’aéroport de Kaboul.

Dans la vallée du Panshir, au nord de Kaboul, la résistance s’organise. Le fils du commandant Massoud s’est engagé à tenir tête aux Talibans dans cette région, qui avait déjà résisté aux Talibans lorsqu’ils avaient dirigé l’Afghanistan de 1996 à 2001.

Ahmad Massoud a déclaré au Washington Post que des membres de l’armée afghane ont rejoint le Panshir.

« Nous avons des réserves de munitions et d’armes que nous avons patiemment rassemblées depuis l’époque de mon père, car nous savions que ce jour pourrait arriver. […] Si les chefs de guerre taliban lancent un assaut, ils seront bien sûr confrontés à une résistance farouche de notre part. »

Il réclame le soutien des États-Unis, de l’Angleterre et de la France.

« Les Talibans ne sont pas un problème pour le seul peuple afghan. Sous le contrôle des Talibans, l’Afghanistan deviendra sans aucun doute le point zéro du terrorisme islamiste radical ; des complots contre les démocraties vont être entendus ici une fois de plus. »

Des témoignages de ce « contrôle des Talibans » continuent d’affluer.

Public Sénat rapporte le témoignage d’une afghane. Empêchée de sortir de chez elle, elle ne peut plus travailler. Or elle était le soutien financier de sa famille.

« Je ne peux pas sortir, je ne peux pas travailler et c’est un vrai problème parce que je suis le soutien financier de ma famille. […] L’argent pourrait disparaître mais surtout ils vont me demander d’où il vient et quand ils font découvrir que je travaille, qu’est-ce que je vais devenir ? Cette situation n’est pas uniquement la mienne, mais celles de toutes les femmes afghanes. Ne nous laissez pas mourir ici ! »

L’Agence Sir relaie quant à elle le témoignage de chrétiens terrés dans leurs maisons en Afghanistan.

« Ces jours-ci, je suis en contact avec l’une des nombreuses familles chrétiennes présentes à Kaboul. Ils vivent cachés et dans la peur. Hier soir, j’ai de nouveau parlé à l’un des cinq enfants. Il pleurait, sans nourriture pendant des jours. »

La faim en Afghanistan, c’est aussi ce que dénonce le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Une personne sur trois y souffre de malnutrition. 14 millions de personnes, dont 2 millions d’enfants. Une situation qui risque d’être aggravée par « les effets combinés de la sécheresse et de la pandémie de coronavirus, en plus des années de conflit », selon le PAM.

M.C.

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