Pour le Premier Ministre du Pakistan, la Cour Européenne des Droits de l’Homme vient de valider que « l’on ne peut blasphémer »

Alors que l’affaire Asia Bibi, liée à la loi sur le blasphème au Pakistan n’est pas tout à fait terminée, le Premier ministre pakistanais Imran Khan, envisage de proposer une Convention Internationale pour éviter que « la liberté d’expression ne puisse être utilisée comme prétexte pour nuire » aux musulmans.

Le 25 octobre, la Cour Européenne des Droits de l’Homme s’est exprimée au sujet du cas d’Elisabeth Sabaditsch-Wolff, condamnée en Autriche pour « dénigrement de doctrines religieuses » dans le cadre de conférences qu’elle donnait sur les dangers de l’islam fondamentaliste. Gatestone Institute rappelle les propos de cette dernière au sujet de la relation entre le prophète Mahomet et son épouse, la petite Aicha  : « 56 ans d’un côté et six ans de l’autre ? Si ce n’est pas de la pédophilie, qu’est-ce que c’est alors ? ».

La Cour Européenne des Droits de l’Homme a approuvé les autorités autrichiennes qui ont reconnu Mme Sabaditsch-Wolff  « coupable de dénigrement de doctrines religieuses ».

« Les déclarations du requérant étaient de nature à susciter une indignation justifiée ; en particulier, elles n’avaient pas été faites de manière objective, contribuant à un débat d’intérêt public (par exemple sur le mariage d’enfants), mais ne peuvent être comprises que comme ayant pour but de démontrer que Mahomet n’est pas digne d’adoration. […] Mme S. avait subjectivement qualifié la préférence sexuelle générale de Mahomet de pédophilie, et elle n’a pas réussi à informer de manière neutre son auditoire du contexte historique, ce qui n’a donc pas permis un débat sérieux sur cette question. »

Imran Khan, Premier ministre pakistanais, s’est réjoui de cet événement, déclarant à l’occasion de l’anniversaire du prophète Mahomet :

« La Cour des droits de l’homme de l’Union européenne [sic] a déclaré pour la première fois que l’on ne peut porter atteinte à la religion d’autrui sous prétexte de liberté d’expression, mais elle a surtout déclaré que l’on ne peut blasphémer contre l’honneur de Mohammed. »

Le dirigeant pakistanais, affirmant par exemple que « Jésus n’est pas mentionné dans l’histoire », ou que les musulmans « doivent faire comprendre à l’occident la place du Prophète dans leur coeur », a ensuite annoncé qu’il préparait une proposition de « Convention internationale pour la prévention de la diffamation des religions », qui limiterait la liberté d’expression.

« Nous voulons que les pays du monde entier signent une convention qui s’appellera « la Convention internationale pour la prévention de la diffamation des religions », ce qui signifiera que la liberté d’expression ne pourra être utilisée comme prétexte pour nuire au 1,25 milliard de musulmans dans le monde. Si Allah le veut, [mon envoyé spécial] se rendra dans différents pays pour s’entretenir avec les personnes, rencontrer des avocats et préparer la convention. Si Allah le veut, nous, le Pakistan, serons le fer de lance [de cet effort] et, pour la première fois dans le monde, parviendrons à faire signer cette convention. »

Memri a traduit plusieurs extraits de ce discours.

« Il a existé des prophètes d’Allah autres [que Mahomet], mais ils ne sont pas mentionnés dans l’histoire des hommes. Ils sont très peu mentionnés. Moïse est bien mentionné, mais Jésus n’est pas mentionné dans l’histoire. En revanche la vie entière de Mohammed, dernier prophète d’Allah, fait partie de l’histoire. […]

Toutes les quelques années, dans certains pays occidentaux, notre cher Prophète subit blasphème et déshonneur. Quelle en est la conséquence ? Les musulmans se mettent en colère. Nous descendons dans la rue en signe de protestation, [les manifestants] cassent des choses dans notre pays. Mais que gagne-t-on de tout cela ? Cela permet aux ennemis des musulmans de dire aux Occidentaux : « Vous voyez, l’islam est une grande religion qui répand la violence. » Cela leur donne l’occasion de faire de la propagande contre l’islam. […]

En Hollande, quelqu’un a blasphémé contre Mohammed en dessinant sa caricature. [Mon gouvernement] s’est adressé au ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas et à leur ambassadeur, et je me réjouis que, pour la première fois, à notre demande, ils ont retiré ces caricatures.[…]

Nous avons soulevé le problème auprès de l’OCI [Organisation de la coopération islamique], [suggérant] que tous les pays musulmans disent d’une même voix à l’Occident… Leurs peuples ne comprennent pas. Ils ne peuvent pas saisir quelle place notre Prophète occupe dans nos cœurs. Ils ne peuvent pas comprendre, c’est donc à nous de leur faire comprendre. Nous nous sommes adressés à l’OCI, et notre ministre des Affaires étrangères a soulevé la question aux Nations unies pour la première fois, et il s’est passé quelque chose qui ne s’était jamais produit auparavant. La Cour des droits de l’homme de l’Union européenne [sic] a déclaré pour la première fois que l’on ne peut porter atteinte à la religion d’autrui sous prétexte de liberté d’expression, mais elle a surtout déclaré que l’on ne peut blasphémer contre l’honneur de Mohammed. »

La rédaction

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