Pour les évêques vénézuéliens, les « tortures » sont des « pratiques courantes de la police et des militaires »

« Cela est de notre devoir en tant qu’Eglise qui voit dans le visage souffrant des membres des familles et des victimes elles-mêmes, la douleur de Notre Seigneur Jésus-Christ. »

Le 29 juin, un militaire vénézuélien est décédé à la suite des tortures qu’il a subies. Il avait été arrêté aux côtés de 12 autres personnes. Le lendemain, un adolescent a été défiguré et a perdu la vue suite à un tir de la police. La conférence épiscopale du Venezuela condamne ces atrocités.

Rafael Acosta Arévalo était capitaine de corvette. Il était accusé d’avoir participé à un coup d’état avorté contre le président Maduro. Son avocat dénonce les « actes de torture sauvage » dont il a été victime. Rufo Chacon Parada n’a que 16 ans. Il est désormais défiguré et aveugle à cause d’un tir de la police. Il manifestait pacifiquement contre le manque de gaz de ville quand la police a ouvert le feu sur lui.

« Nous ne permettrons pas la manipulation, la dissimulation et la mitigation de ces événements graves. Cela est de notre devoir en tant qu’Eglise qui voit dans le visage souffrant des membres des familles et des victimes elles-mêmes, la douleur de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ces deux victimes représentent aujourd’hui le cri de nombreux autres citoyens qui ont été soumis aux mêmes schémas et dont les cas ont été rendus invisibles. »

Les évêques dénoncent le fait que les « cas de torture, enlèvements, menaces sont désormais des pratiques courantes de la part des organes de police et des militaires ».

« En tant que membres de l’Eglise, nous faisons remarquer que les auteurs de ces actes cruels sont des jeunes de 22 et 23 ans et nous nous demandons : est-ce là la nouvelle génération des forces armées ? Indubitablement, ces jeunes auteurs sont également des victimes d’un système qui a permis une telle dégradation morale et spirituelle dans notre pays. »

Juan Guaido, opposant à Nicolas Maduro, et président autoproclamé, a appelé à un rassemblement civique le 5 juillet.

« Ce que nous dénonçons depuis des années a été exposé au monde entier. »

Le gouvernement français appelle à « faire la lumière sur ce décès » :

« La France condamne fermement la mort en détention du capitaine de corvette Rafael Acosta Arévalo le dimanche 30 juin. Elle appelle à la tenue d’une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ce décès. La France rappelle qu’il est de la responsabilité de tout Etat d’assurer l’intégrité physique des détenus et que la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants constituent une violation des droits de l’Homme. Le Venezuela doit respecter ses engagements internationaux en la matière, en particulier la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

M.C.

Crédit Image : Ruben Alfonzo / Shutterstock.com

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