Projet de loi bioéthique : Les Associations Familiales Catholiques demandent le retrait de la loi

Communiqué de presse des Associations Familiales Catholiques.

Révision de la loi de bioéthique : le « monde d’après » ne doit pas être celui d’avant… en pire ! La crise sanitaire à peine terminée, la révision de la loi bioéthique revient dans l’actualité sous la pression de ses promoteurs. Comme si rien ne s’était passé. Comme si en quelques semaines, nous n’avions pas pris conscience que nous ne maîtrisions pas tout et que les choix pouvaient rester inchangés.

Nos priorités, rappelées dimanche soir par le Président de la République, sont d’abord économiques afin de faire face de manière solidaire à la crise qui commence. Elles sont ensuite sociétales afin que notre pays reste uni pour traverser cette épreuve et se relever.

Comment ne pas voir que relancer ce projet de loi est hors sujet dans le contexte actuel, incohérent par rapport à nos insuffisances dans la gestion de la pandémie, indécent au regard du délaissement des personnes âgées dans certains EHPAD ?

Notre système de santé a montré sa fragilité et sa lourdeur, en partie compensées par l’engagement exceptionnel de nos soignants. L’heure est à la priorisation et à la reconstruction de tout le système de soins, non aux aventures et aux dérives transhumanistes et onéreuses.

Des centaines de milliers de Français sont toujours opposés à ce texte qui bafoue la dignité de la personne. Il est encore temps pour l’exécutif de retirer ce projet de loi qui divise les Français, au moment où l’urgence est à la cohésion nationale et à l’effort de tous.

Avec les associations regroupées sous le label  » Marchons Enfants ! « , les Associations Familiales Catholiques ne cessent d’alerter depuis 3 ans sur les conséquences nocives d’une telle évolution législative qui cherche à importer en France un business de la procréation au mépris de tous nos principes éthiques.
Elles s’adressent aujourd’hui au Président de la République et au Premier Ministre pour demander solennellement le retrait de cette loi.

Découvrez ci-dessous le contenu de la lettre adressée au Président, co-signée par Pascale Morinière, Présidente de la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques et Bertrand Lionel-Marie, Secrétaire général de la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques :

« Monsieur le Président de la République,
La déferlante de la pandémie, qui reflue, a mis en relief les forces et les faiblesses de notre société.
Il est certain – sans prétendre être exhaustif – que les solidarités intrafamiliales ont amorti et amortiront, encore longtemps, les effets délétères de cette crise, sanitaire hier, socio-économique demain. Nos soignants ont déployé des trésors de dévouement, parfois jusqu’au sacrifice de leur vie ; nos concitoyens leur en savent gré, à juste titre.
Cette crise sanitaire, sans précédent, a aussi révélé les dépendances, excessives, de notre économie de la santé vis-à-vis de fournisseurs étrangers et/ ou de sites de production délocalisés, les insuffisances et les inégalités territoriales de notre système de soins (nombre insuffisant de lits de réanimation…), les situations chaotiques dans certains EHPAD, avec, pour nos aînés, son cortège de solitude, de drames et de morts.
Il est évidemment trop tôt pour tirer toutes les conséquences de cette crise, qui affectera durablement notre Nation, mais il est certain qu’elle nous invite à refonder les bases de la solidarité nationale. C’est un enjeu de fraternité.
Dans ce contexte, et alors même que l’état d’urgence perdure, les rapporteurs du projet de loi relative à la bioéthique à l’Assemblée nationale pressent, déjà, votre Premier Ministre pour relancer l’examen de ce projet tandis que l’actuel chef du groupe LREM à l’Assemblée nationale, décidemment mal inspiré, soutenait dès le 5 juin que le plus tôt serait le mieux !
Cela revient, au fond, à prétendre que la bioéthique serait comme un îlot, sans lien ni avec la crise que nous traversons ni avec les préoccupations, réelles, des Français. Or, en matière de bioéthique aussi, les circonstances ont changé !
Ainsi, s’il nous faut nous interroger sur les effets induits par une logique purement économique qui tend à rechercher les coûts de main d’œuvre réduits pour fabriquer des produits de santé, nous ne pouvons pas ne pas nous inquiéter de la dérive marchande induite, en matière de procréation médicalement assistée, par la rareté des gamètes. Le CCNE, lui-même, écrivait d’ailleurs :
‘Cela pourrait ouvrir des perspectives de marchandisation des produits du corps humain et remettre en cause le système de santé français fondé sur des principes altruistes’ (CCNE, Avis n°129, pp. 120-121). Nous ne pouvons pas non plus feindre d’ignorer ‘le rôle central des intermédiaires économiques dans le développement de la GPA’ (CCNE, Avis n°126, p. 31), laquelle sera, inexorablement, l’étape d’après.
Plus fondamentalement, alors qu’avec les ressources contraintes de la solidarité nationale, il nous faudra prévenir les nouvelles crises qui ne manqueront pas d’advenir et nous concentrer urgemment sur la question de la dépendance, il y a une sorte d’indécence à persister à vouloir convoquer le droit et la médecine pour satisfaire un droit individuel à l’enfant (en ce sens CCNE, Avis n°90 du 24 novembre 2005, §I.3.5, p. 18/271 ) et à en appeler à l’Etat pour qu’il fournisse des spermatozoïdes, sélectionnés et labellisés, pour un ‘projet procréatif’ remboursé par l’Assurance maladie. Qui expliquera à la famille d’un patient, décédé hier faute de lit de réanimation, que l’Etat fait aujourd’hui le choix de fournir du sperme à des personnes qui ne souffrent pas d’une infertilité médicalement diagnostiquée?!
Enfin, il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la cohésion nationale est fragile et malhonnête pour prétendre qu’il existe une demande pressante du Peuple pour promouvoir une humanité génétiquement modifiée, livrée aux ‘techniques devenues folles’ (A. Camus, Discours de Suède) et un consensus de ses représentants autour de ces questions. Or, si nous avons, en tant que chrétiens, vocation à être artisans de paix, il vous revient, Monsieur le Président de la République, d’être, au-delà des logiques partisanes ou des revendications, garant de l’unité nationale.
Nous pouvons résister collectivement à la fascination des techniques – et à la fascination du marché qui s’en empare – en cultivant l’attention au mystère de la personne et à sa transcendance, écrivaient tous les évêques de France, en septembre 2018 (La dignité de la procréation, PMA – Révision de la loi de bioéthique).
En cette période de sortie de crise qui dessinera le visage de notre société, nous estimions de notre responsabilité de vous faire part de ces quelques observations. Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, à l’assurance de notre haute considération. »

La Rédaction

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