Quand la pandémie entraîne la recrudescence des cas de mutilations génitales

« La crise sanitaire mondiale a anéanti les progrès réalisés ces dernières années, alors que le nombre d’enfants victimes n’avait cessé de diminuer. »

Chaque année, dans le monde, 4 millions de femmes et de filles risquent de subir des mutilations génitales. Mais dans la prochaine décennie, 2 millions d’entre elles pourraient s’ajouter à ce terrible bilan. En cause, la pandémie de Covid-19 qui a obligé la fermeture des écoles, entraînant de fait la fin des programmes de lutte contre ces pratiques.

Pour le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et les Directrices exécutives de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) et de l’UNICEF, Dre Natalia Kanem et Henrietta Fore, « nous devons agir maintenant pour empêcher que cela ne se produise ».

D’après António Guterres, la lutte contre les mutilations génitales féminines doit être « prioritaire » dans les réponses nationales apportées à la pandémie.

Vatican News rappelle que, outre le préjudice psychologique subi, ces pratiques en cours dans trente pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont de lourdes conséquences dans la vie des femmes qui y sont soumises : hémorragies, infections multiples, infertilité, complications durant l’accouchement, etc…

Selon le Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles, « la crise sanitaire mondiale a anéanti les progrès réalisés ces dernières années, alors que le nombre d’enfants victimes n’avait cessé de diminuer ».

Isabelle Gillette-Faye, directrice de cette ONG belge, précise :

« Les hommes et les femmes qui pratiquaient l’excision ont vu l’opportunité de revenir à cette activité pour gagner de l’argent et nourrir leur famille. »

Paola Magni, responsable de ce dossier au sein de l’AMREF, association de santé présente dans 35 pays, pointe l’importance du travail avec les communautés. Elle pointe les résultats positifs obtenus dans certaines d’entre elles.

« Le processus est très long car il est essentiel que la communauté elle-même décide d’abandonner la pratique. Récemment, certaines communautés kényanes ont pris la décision d’abandonner les mutilations. Il reste ce moment de passage à l’âge adulte avec un rituel, qui maintient toujours cette identité culturelle, mais pendant la cérémonie, au lieu de ce terrible geste, il y a une bénédiction des filles et la remise de livres, et cela montre comment la communauté se rend compte de la valeur d’une fille. »

M.C.

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