Rapport du GIEC : Le directeur d’A Rocha appelle les chrétiens à agir pour la justice climatique

Alors que la guerre est à nouveau aux portes de l’Europe, peu de gens ont prêté attention cette semaine au dernier rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat).

Ce rapport synthétise près de 8 années de recherches scientifiques sur le changement climatique ; il constitue « un atlas de la souffrance humaine et une accusation accablante de l’échec du leadership climatique », comme l’a déclaré António Guterres, le secrétaire général des Nations unies

Pourtant, depuis près de 200 ans que le mécanisme du réchauffement climatique planétaire est connu, et depuis plus de 30 ans que des scientifiques tentent d’alerter l’opinion sur le danger croissant que représente ce réchauffement, les émissions de GES continuent chaque année à croître.

Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas envie de changer nos modes de vie. Comme l’avait déjà dit le président américain George H. Bush au moment de la Conférence des Nations unies sur l’environnement à Rio en 1992, nous considérons que « notre mode de vie n’est pas négociable ».

Nous préférons, comme l’a bien montré de manière (relativement) humoristique le film « Don’t look up » (diffusé sur Netflix), regarder ailleurs face à un danger que nous attisons chaque jour et que nous préférons souvent ignorer ou minimiser.

Une incroyable injustice

Pourtant le changement climatique et notre addiction aux énergies fossiles (deux facettes d’un même problème) est un vrai danger pour la planète tout entière et pour ses habitants, et accroit considérablement les risques de conflits, comme celui en Ukraine actuellement.

Et c’est aussi une incroyable injustice : selon le rapport du GIEC, 3,5 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent dans des pays très vulnérables aux effets du changement climatique. Il s’agit généralement de pays pauvres qui ont peu contribué au réchauffement de la planète, mais qui en subissent les plus graves conséquences.

Nous, chrétiens, devrions être particulièrement attentifs aux voix prophétiques qui nous alertent sur le réchauffement climatique depuis tant d’années.

Et de fait, de nombreux chrétiens ont fait partie de ces voix prophétiques, comme John Houghton, à qui le rapport du GIEC est dédié, un chrétien évangélique qui a beaucoup œuvré pour alerter ses frères et sœurs évangéliques, ou comme Rodel Lasco, membre du conseil d’administration d’A Rocha international, qui fait partie des 270 rédacteurs du rapport actuel.

Mais, comme tant de génération avant nous, nous préférons ne pas voir ni écouter les prophètes des temps modernes, et un grand nombre d’entre nous continuent à nier ou minimiser la gravité du problème, à « ne pas être attentif » (Jérémie 6 : 17).

Un nombre croissant de chrétiens se mobilisent pour l’action climatique

En France, A Rocha et d’autres organisations chrétiennes comme le Conseil National des Evangéliques de France, la Fédération Protestante de France ou encore Eglise Verte interpellent le gouvernement à l’approche des élections au travers de tribunes publiées dans les journaux ou d’interpellation des candidats. De nombreuses associations chrétiennes, dont, encore, A Rocha, appellent à marcher pour le climat le 12 mars prochain dans de nombreuses villes de France.

Mobiliser et équiper les chrétiens contre la crise écologique est précisément le cœur de la mission d’A Rocha : en France, nous travaillons depuis plus de 22 ans à mobiliser les chrétiens sur ces enjeux, pour protéger l’environnement, changer nos modes de vie, prier pour la création et nous engager ensemble…

Nous agissons sans relâche depuis de nombreuses années en étant présent aux différentes conférences sur le climat, comme à la COP21 à Paris, et à la COP26.

Nous essayons d’être des témoins et des sentinelles et de résister à l’injustice et l’apathie de notre monde. Nous essayons aussi de tenir le cap sur une ligne de crète, entre deux écueils : celui d’un optimisme naïf qui consisterait à croire que la technologie va nous sauver ou qu’on va tous devenir des « bisounours écolo », et une désespérance trop grande face à la peur de l’effondrement généralisé de nos civilisations, pour proposer une double espérance spécifiquement chrétienne.

Une double espérance chrétienne

Cette double espérance est celle de la promesse que Jésus Christ et le Saint-Esprit, malgré les défis et les épreuves qui peuvent se trouver sur la route, « sont avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28 : 18-20).

La deuxième bonne nouvelle est celle que Jésus Christ, par sa mort sur la croix, a déjà « sauvé » le monde et qu’il a « tout réconcilié avec Dieu, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix » (Colossiens 1 : 20). Si nous nous lamentons (à juste titre) sur la lente destruction de la planète, nous pouvons vivre avec la promesse ultime d’une terre restaurée et renouvelée.

Jean-François Mouhot, Directeur d’A Rocha France

Jean-François Mouhot participera à un débat « Forum Veritas » avec Jean-Marc Jancovici le 2 mai 2022 à 19h30 sur zoom. Infos à venir sur le site d’A Rocha France.

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