Rapport du GIEC : Le péché, problème fondamental du changement climatique ?

Le sixième rapport du GIEC publié en août est dédié à John Houghton. Ce scientifique gallois, rédacteur en chef des trois premiers rapports du GIEC était également un chrétien évangélique qui estimait que « ne pas s’occuper de la terre est un péché ». 

Lundi 9 août 2021, le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies, a publié la première partie de son sixième rapport. Rédigé par 234 scientifiques de 66 pays, sur la base de plus de 14 000 études scientifiques, ce rapport fait état de prévisions climatiques extrêmement pessimistes et indique que les catastrophes climatiques devraient se multiplier à l’avenir.

Un rapport alarmant, bien qu’il ne soit pas surprenant, qui a fait couler beaucoup d’encre depuis sa publication. Mais un détail a peut-être échappé à certains, le rapport est dédié à John Houghton, scientifique gallois et chrétien évangélique qui affirmait que le problème fondamental du changement climatique n’est autre que le péché.

« Prendre soin de la Terre est une responsabilité donnée par Dieu » écrivait John Houghton qui affirmait également que « ne pas s’occuper de la Terre est un péché ».

« Lorsqu’ils pensent au péché et au mal qui résultent d’une relation brisée avec Dieu, les chrétiens pensent généralement au péché contre les gens et non contre l’environnement. Si nous prenons au sérieux la responsabilité claire de prendre soin de la Terre donnée aux humains par Dieu, nous sommes également obligés de reconnaître que échouer dans cette tâche n’est pas seulement un péché contre la nature, mais un péché contre Dieu. »

Il suggérait que « cette nouvelle catégorie du péché devrait inclure les activités qui conduisent à ‘l’extinction des espèces, la réduction de la diversité génétique, la pollution de l’eau, de la terre et de l’air, la destruction de l’habitat et la perturbation des modes de vie durables' ».

John Houghton qui est décédé en 2020 à la suite de complications liées au Covid-19 à l’âge de 88 ans, était le rédacteurs en chef des trois premiers rapports du GIEC. Tout au long de sa vie, c’est son amour pour Dieu qui a alimenté son amour pour la science.

« La plus grande chose qui puisse arriver à quiconque est d’avoir une relation avec celui qui a créé l’univers » déclarait-il à un journal gallois, Wales Online en 2007 après avoir reçu le prix Nobel de la paix avec son équipe.

« Beaucoup de gens imaginent qu’il y a un grand fossé entre la science et la religion, mais il est tout à fait faux de supposer qu’ils sont opposés l’un à l’autre » rapportait le gallois qui estimait qu’étudier la science est une manière de contempler l’oeuvre de Dieu. C’est précisément ce qui l’a conduit à devenir l’un des premiers scientifiques à travailler sur le problème du changement climatique.

« Il croyait profondément en la bonté de la recherche scientifique » a déclaré sa petite-fille Hannah Malcolm à Christianity Today.

« Ce n’était jamais seulement un problème intellectuel qu’il voulait résoudre. Chaque fois qu’il en parlait, il commençait par la dévastation écologique et la question de la justice était un point de référence constant. J’ai entendu des gens dire qu’il avait l’urgence d’un prophète. » continue la petite fille du scientifique.

John Houghton n’aura pas vécu pour voir la publication du sixième rapport du GIEC ou pour en faire la promotion auprès des chrétiens, mais en lui dédiant ce rapport ses collègues scientifiques mettent l’emphase sur l’ampleur et l’impact durable de son travail.

« Ses contributions à la planète et à la société sont incomparables. Il est normal que le GIEC dédie l’AR6 à ce grand homme d’État et leader. » a affirmé la chimiste américaine Susan Solomon.

Camille Westphal Perrier

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