Révolution : Que sera l’Eglise en 2025 ?

Profitons du calme de l’été pour réfléchir au devenir de l’Eglise avec cet article déjà publié voici quelques années. Cette étude de l’institut Barna dévoile la révolution qu’imposent les « sans église fixe » au Christianisme américain et mondial.

Les pratiques ecclésiales totalement remises en cause?

Pendant des dizaines d’années, l’expérience et l’expression de la foi des Américains passaient par l’église. Cette réalité se met à changer, selon l’affirmation du Groupe de recherches George Barna, dont le nouveau livre sur les changements que connaît de la spiritualité en Amérique; le livre « Révolution », décrit ce que George Barna pense être un remodelage massif de la foi de la nation qui se met en place depuis un peu plus d’un siècle.

En se fondant sur les enquêtes nationales menées depuis quelques années par le groupe Barna, un nouveau profil apparaît, celui du chrétien « révolutionnaire ». Les enquêtes ont porté sur 20 millions d’adultes à travers le pays. G. Barna a remarqué que bien que la participation traditionnelle aux activités d’église, comme le culte, l’école du dimanche, la réunion de prière et les réunions d’études bibliques n’ait relativement pas changé, le mouvement « révolutionnaire » quant à lui augmente rapidement.

Le groupe des « révolutionnaires » est composé de personnes moins intéressées par le fait d’être assidues à des activités d’église, que d’être l’Eglise elle-même, dit Barna. « Nous avons trouvé qu’il existe une différence significative dans l’esprit des gens entre l’église locale avec un e minuscule et l’Eglise universelle avec un E majuscule. Les « Révolutionnaires » ont tendance à être l’Eglise avec un E majuscule, qu’ils soient membres d’une congrégation ou non. »

Une idée fausse circule de nos jours à propos des « Révolutionnaires » selon laquelle des chrétiens qui quittent l’église locale, quittent Dieu également. S’il y a bien un certain nombre de personnes qui quittent l’église et la foi en même temps, il y a par ailleurs un grand nombre de personnes qui quittent précisément pour avoir plus de Dieu dans leur vie, là où ils ne reçoivent pas ce dont ils ont besoin dans leur église locale. Ils ont pris la décision de devenir conséquents avec leur foi et prennent la résolution de se rassembler pour qu’elle se construise de façon plus solide. Au lieu d’aller à l’église, ils deviennent l’Eglise et reviennent à la manière de vivre de l’église apostolique du livre des Actes.

Des changements majeurs pour les 20 prochaines années

Les chercheurs du groupe Barna ont voulu nous ouvrir les yeux sur ce à quoi ressemblera une communauté chrétienne dans 20 ans. En utilisant les résultats de différentes enquêtes ainsi que d’autres indices culturels étudiés sur 20 ans, Barna estime que pour les 2/3 des adultes de la nation, l’église locale représente principalement l’expérience et l’expression de leur foi. Il a évalué que d’ici 2025 l’église locale perdra brusquement la moitié de sa « part de marché » et que des formes alternatives de pratique de la foi seront trouvées. L’étude Barna ne veut pas affirmer que les gens quitteront les églises locales et renonceront à toute vie spirituelle ou seront heureux de se libérer des activités prenantes de la vie d’église. Bien que des millions de personnes abandonneront la pratique communautaire pour les raisons souvent évoquées: mauvaises expériences , blessures à l’intérieur de l’église, manque d’intérêt pour les choses spirituelles, autres choix prioritaires dans leurs vies, etc. – un pourcentage important de personnes quittant l’église le feront pour concentrer leur foi sur une relation plus profonde et différente avec Dieu.

Cette tendance s’alimente des nouvelles formes de spiritualité structurée, aussi bien qu’elle satisfait l’expérience et l’expression de la foi individualisée. L’exemple de cette nouvelle approche comprend l’implication dans une église de maison, la participation à certains ministères, l’utilisation d’Internet pour se documenter sur les sujets ayant trait à la foi, ainsi que le développement de la communication avec d’autres personnes qui sont passionnément engagées dans leur recherche de Dieu.

Les 7 passions du « révolutionnaire »

Dans le but d’augmenter leur obéissance et leur fidélité envers Dieu, Barna a découvert que les Révolutionnaires se caractérisent par un ensemble de passions spirituelles – sept accentuations spécifiques qui guident leur quête de Dieu et motivent leur style de vie biblique. Bien que les églises locales abordent certains domaines du développement spirituel, des millions d’adultes parmi ceux qui s’appliquent le plus sérieusement à exercer leur foi en Dieu ne sont pas satisfaits de ce que leur église locale leur offre en terme de ressources, opportunités, possibilités d’évolution et de développement. En conséquence, des millions de Chrétiens engagés, nés de nouveau ont fait le choix de progresser dans leur relation à Dieu en trouvant des perspectives de croissance et de service en dehors d’une église locale.

Est-ce que cette révolution serait simplement une réaction négative par rapport à l’église locale? Barna répond que la plupart des Révolutionnaires ont passé par des phases prévisibles d’insatisfaction dans leur église locale au long de leur voyage spirituel. Ils ont tenté de faire changer certaines choses afin que leur foi devienne plus productive et fructueuse. Et la frustration s’est installée de ne pas pouvoir introduire de changement positif, ce qui les a conduits à sortir complètement de l’église locale, souvent en colère. Mais, comme toute cette aventure est une conséquence de leur amour pour Dieu et de leur désir de l’honorer pleinement, ils dépassent finalement leur frustration et leur colère et établissent des points de contact, qui leur permettent d’être en rapport avec d’autres croyants et de se tenir proches de Dieu sans être impliqués dans une église locale.

Un des signes caractéristique de cette Révolution de la foi est le fait que l’expérience est différente pour chaque personne. « Il serait faux de penser que tous les Révolutionnaires ont complètement tourné le dos à l’église locale », informe G. Barna.  » Des millions de « Révolutionnaires » sont actifs dans une église locale, et pour la plupart ils complètent leur participation avec des activité en relation avec la foi qui n’ont rien à voir avec leur église locale. Ce qui définit la Révolution n’est pas  » est ce qu’ils vont à l’église » mais bien « est-ce qu’ils placent Dieu au premier plan dans leur vie et font tout ce qui est nécessaire pour approfondir leur relation avec Lui et avec les autres croyants. » Notre étude établit de façon éloquente que la majorité des églises en Amérique sont peuplées de chrétiens spirituellement tièdes. Dans ces églises apparaissent des personnes consacrées qui recherchent à ressembler à Christ au travers de l’enseignement dans cette forme de congrégation, mais ils quitteront s’ils ne trouvent pas à se consacrer plus profondément et trouveront d’autres moyens qui permettront une plus grande consécration envers Dieu.

Comment la plupart de ces « Révolutionnaires » justifient-ils qu’ils se nomment eux-mêmes des « disciples dévoués » du Christ, tout en se démarquant de l’église locale? « Nombre d’entre eux réalisent qu’ils se tiendront devant un Dieu saint qui examinera leur relation authentique envers Lui. Ils auraient pu choisir le chemin facile qui est celui de rester dans l’église locale en se conformant au programme établi, mais ils reconnaissent qu’ils ne sont pas capables d’excuser une vie spirituelle médiocre sous prétexte d’une église terne. Leur profondeur spirituelle n’est pas la responsabilité de l’église, mais bien leur propre responsabilité. Ils décident donc soit d’aller dans une église locale où leur zèle pour Dieu pourra être mis en pratique et augmenter, soit ils cherchent des alternatives qui déclencheront une vie d’obéissance et de service. Dans l’essence, il se trouve un grand nombre de personnes qui sont sorties de l’église pour être l’Eglise. »

Défis et opportunités

Alors que la « Révolution » fait naître des qualités très prometteuses – la poursuite de la sainteté, un réseau de croyants qui se soutiennent les uns les autres. Donner plus pour le ministère, avoir un plus grande sens de la présence de Dieu dans le monde, un plus grand sens de la liberté et devenir un disciple authentique au milieu d’une société profane. Barna met l’accent sur le fait que ceux qui ont choisi cette voie de « Révolution » sont placés devant de grands défis.

Le danger existe d’être confrontés à des enseignements non bibliques et hérétiques. Il est possible d’être isolé de toute communauté de croyants et de manquer du soutien qu’elle représente, et d’être éventuellement soumis à un enseignement biblique peu fiable. Certains peuvent trouver difficile de poursuivre une vie d’adoration sans avoir un lieu de culte ou les moyens d’exprimer à Dieu leurs louanges.

Barna affirme que ce sont de sérieux défis auxquels les « Révolutionnaires » ont à faire face – mais ils ne sont pas plus importants que la menace qui pèse sur leur santé spirituelle de simple pratiquant. « Objectivement parlant, ces problèmes sont les mêmes que ceux qui pèsent sur les personnes qui se reposent sur les efforts de leur communauté pour grandir. Nous avons constaté des évidences d’enseignements non bibliques dans de petits groupes, écoles du dimanche et autres réunions d’églises locale. Nous avons découvert qu’un certain nombre de chrétiens redonnent à Dieu 4% de leurs revenus, beaucoup moins donnent 10%. En ce qui concerne les cultes, la plupart des participants repartent en ayant le sentiment que Dieu n’était pas présent et qu’ils n’ont pas pu « se connecter » personnellement au Dieu vivant. Nous avons pu détecter au sein de la plupart des congrégations un manque de responsabilité. C’est ainsi que, bien que les « Révolutionnaires » soient confrontés à des situations parfois difficiles dans ce processus de transformation pour devenir de fervents disciples, il existe de nombreux domaines dans lesquels ils peuvent trouver le moyen de nourrir leur foi, alors que ceux qui resteront uniquement centrés sur ce que propose l’église locale pourraient demeurer dans une certaine frustration. Dans les deux cas, il est extrêmement important que les priorités spirituelles soient bien définies et que chacun s’implique dans des activités qui les rapprochent de Dieu, plaisent à Dieu et non à eux ou aux autres.

L’explosion du nombre de ces « Révolutionnaires pour Dieu » aux Etats Unis, fait que les responsables d’églises se voient poussés à se remettre en question. Effectivement, ce nouveau concept demande de nouveaux dirigeants qui conduisent de façon adéquate le voyage spirituel de ces croyants plus exigeants. Il requiert une nouvelle manière de « mesurer » la santé de la communauté dans son ensemble. L’indicateur de santé n’est plus fixé sur la participation des croyants et nécessite, dès lors, de nouveaux outils qui sont indispensables pour répondre à la demande de chrétiens qui cherchent à insérer leur foi dans toutes les dimensions de leur vie.

Introduction du livre « Révolution »

Ayant écrit déja quelques douzaines de livres concernant la foi et la culture, Barna pense que ce dernier livre est le plus important. Au cours des recherches de son groupe menées au niveau national, il a buté sur ce sujet d’une « Révolution » . Ayant personnellement souffert dans l’église locale, il a entrepris plusieurs projets d’études pour mieux comprendre les chrétiens qui ressentent des frustrations dans leur église, que font-ils pour pouvoir maintenir leur niveau spirituel? Ce qui en ressort c’est qu’un nombre grandissant de la population chrétienne désire ardemment vivre la vie apostolique du livre des Actes. « Nous avons recherché à connaître leur activité spirituelle et avons découvert qu’elle est bien plus importante et solide que nous l’avions présumé. – et franchement bien plus défendable que ce qui ressort de la moyenne des églises. Comme la « Révolution » n’est pas organisée ni destinée à devenir institutionnelle, elle n’est pas facile à découvrir. »

Capture d’écran 2015-08-05 à 12.22.52« Révolution » le livre publié par Tyndale House, est ce que l’auteur appelle: une brève introduction au mouvement le plus important de notre temps. Il pense que d’ici 50 ans, les historiens qui regarderont en arrière à notre époque diront qu’elle a été l’une des plus importantes phase de l’Eglise d’Amérique. « Je ne serais pas surpris, » dit ce chercheur Californien, « que cela devienne le Troisième Grand Réveil de l’histoire de la nation. Cette re-naissance spirituelle est très différente des deux réveils religieux qui ont eut lieu en Amérique, mais il peut très bien devenir le plus profond. »

Nicolas Ciarapica
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