Séparatisme : Au Sénat, il s’agit d’une « loi de contraintes » pour la gauche tandis que la droite souhaite durcir le texte

Mardi 30 mars commençait l’examen au Sénat du projet de loi confortant les principes de la République. Dès le début des discussions, ce texte controversé suscite de vives tensions dans l’hémicycle du palais du Luxembourg.

Adopté par l’Assemblée nationale après deux semaines de débat, le projet de loi confortant les principes de la République a fait ce mardi 30 mars son entrée au Sénat. C’est le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin qui a pris la parole en premier pour présenter « un texte difficile » qui entend lutter contre « le séparatisme islamiste », « 115 ans jour pour jour après la loi de 1905 ».

« Lutte contre le séparatisme islamiste, lutte pour la sécularisation, avertissement à ceux qui veulent se servir de la religion pour contrôler leur diaspora ou instaurer leur soft power : voici l’économie de ce texte que je vous propose. »

Le ministre de l’Intérieur déclare que la « laïcité est composée de trois éléments » que sont : « la pluralité religieuse, que le Gouvernement entend réaffirmer », « la neutralité politique et religieuse de l’État et de ses agents, que le projet de loi renforce » et « l’ordre public ».

Il affirme que l’Etat doit « toucher aux grandes libertés d’une main tremblante, certes, mais assurée » ajoutant que le Gouvernement se présente devant le Sénat dans « un esprit de compromis républicain mais de fermeté républicaine ».

Une entrée en matière qu’il conclut en affirmant qu’il « faut savoir écouter ce qui manque dans la République ».

Les ministres se succèdent ensuite à la tribune pour faire l’éloge du texte.

Marlène Schiappa, ministre chargée de la Citoyenneté rappelle son mot d’ordre : « pas un euro d’argent public pour les ennemis de la République ». Elle évoque également la partie du texte en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes : certificats de virginité, mariages forcés, lutte contre la polygamie et la discrimination ldans le cadre des héritages.

C’est ensuite, Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux qui prend la parole qui défend un « texte de libertés », il affirme que ce texte protége les « agents publics en première ligne face à ses dérives séparatistes ».

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale en profite pour rappeler le rôle de l’école dans « la consolidation de la République ». Alors que la majorité sénatoriale vient de rejeter le controversé « régime d’autorisation préalable à l’instruction à domicile », il ajoute qu’il « reste du travail à faire sur l’école hors contrat et sur l’instruction en famille ».

« L’État doit être chez lui et l’Église, chez elle »

« Cette loi est une loi de contraintes » a affirmé le sénateur Patrick Kanner, président du groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain en déposant sa question préalable, une motion qui entend rejeter l’ensemble du texte. « L’écart entre l’idéal républicain proclamé par le Président de la République et ce projet de loi est frappant » a-t-il déclaré ajoutant que ce texte n’était pas « un texte de liberté » et qu’il refusait de « participer à cette hystérisation du débat ».

Citant Hugo, « l’État doit être chez lui et l’Église, chez elle » et Clémenceau « ll est inutile de demander une loi pour avoir l’air de vouloir faire ce qu’on aurait pu faire jusqu’à présent sans aucun texte nouveau ! », il a invité les Sénateurs à voter sa motion affirmant ne pas vouloir céder « à la facilité qui consiste à utiliser des abstractions pour frapper les esprits, dans une période où la politique est dominée par des objectifs de communication ».

Face à ces déclarations, le ton est rapidement monté et le ministre de l’Intérieur n’a pas manqué de lui répondre, « Je préfère avoir Nicolas Sarkozy pour modèle plutôt que Jean-Luc Mélenchon, ne vous en déplaise ! », accusant les socialistes d’avoir « laissé partir les électeurs de gauche au Front national » et de préférer « les beaux salons parisiens et Terra Nova plutôt que d’écouter les ouvriers ».

La motion du groupe PS n’a pas été adoptée en dépit du soutien du groupe écologiste et communiste.

« Vous n’osez pas parler du voile »

Pour Bruno Ratailleu, président de la droite sénatoriale, le texte ne va pas assez loin. Il reproche au Gouvernement un manque d’ambition et demande des « actes ».

« D’où vient ce manque d’ambition ? Du « en même temps », qui conduit à sembler faire, mais à faire semblant. En avril 2018, le Président de la République affirmait que le voile était contraire à la civilité de notre société : mais au-delà des mots, quels actes ? »

Il regrette notamment que la question du voile ne soit pas abordée, « vous n’osez pas parler du voile ». « Notre adversaire a un nom : l’islam politique » martèle le sénateur qui souhaite durcir le texte.

Le projet de loi confortant les principes de la République sera examiné par le Sénat jusqu’au 8 avril.

C.P

Crédit image : Jo Bouroch / Shutterstock.com

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