« Seuls l’amour fraternel et le respect mutuel apporteront un avenir meilleur » : Un rassemblement interreligieux pour la paix au Myanmar

« Face à la spirale de violence qui n’épargne pas même les Églises, les chrétiens réagissent avec la force de la prière, de la solidarité et du témoignage et accueillent comme hôtes une communauté de moines bouddhistes. »

Presque quatre mois après le coup d’Etat militaire contre le gouvernement démocratique de Aung San Suu Kyi, le pays est toujours soumis à de vives tensions et l’escalade de violence à l’encontre de la population continue.

Dans ce contexte, une rencontre interreligieuse de prière pour le Myanmar présidée par l’archevêque de Milan, Mgr Mario Delpini, en collaboration avec la Communauté birmane en Italie et l’Institut pontifical pour les Missions étrangères aura lieu samedi 29 mai à Milan. Un temps de partage pour « mettre fin à la violence, aux tensions et à la guerre au Myanmar, et prier pour que le peuple birman puisse retourner vivre dans un climat de paix et de fraternité ».

La force de la prière et du témoignage

Dans un communiqué transmis à l’Agence Fides, Mgr Luca Bressan, vicaire épiscopal affirme que « face à la spirale de violence qui n’épargne pas même les Églises, les chrétiens réagissent avec la force de la prière, de la solidarité et du témoignage et accueillent comme hôtes une communauté de moines bouddhistes ».

Car cet événement réunira des moines bouddhistes et des religieuses catholiques. Il y aura des chants en langues birmanes, rapporte l’Agence Fides, ainsi que la lecture des paroles de sœur Ann Rose Na Tawng, la religieuse qui s’est courageusement interposée, à deux reprises, entre des soldats et des manifestants. Cette image bouleversante d’Ann Rose Na Twang, agenouillée devant l’armée pour protéger les manifestants pro-démocratie, est devenue virale sur les réseaux sociaux et a fait le tour du monde, faisant du geste de la religieuse un symbole de fraternité.

Un message d’unité

« Chrétiens et bouddhistes ensemble » veulent être le « signe du destin de la paix que Dieu a placé comme objectif du chemin de l’humanité » a déclaré le vicaire Luca Bressan, avant d’affirmer qu’ils prieront pour que les mots « division », « haine » et « guerre » soient « bannis du coeur de chaque homme » et qu’au contraire, le mot « frère » les rassemble toujours.

Pour le père Maurice Moe Haung, prêtre birman des Missionnaires de la Charité vivant en Italie, cet événement est « précieux » et « ce n’est qu’un début » affirme-t-il.

« Nous voulons dire au monde que le peuple du Myanmar est uni même dans la diversité de ses croyances », continue le religieux birman qui espère que ce type d’initiatives « se multiplieront en Europe et dans le monde ». « Nous soutenons les personnes qui souffrent, qui subissent la violence, qui vivent l’incertitude de leur propre lendemain » a-t-il ajouté avant de décorer que leurs armes sont « des prières incessantes ».

« Nous croyons fermement que seuls l’amour fraternel et le respect mutuel apporteront un avenir meilleur au Myanmar » a-t-il conclu.

Cet événement pour la paix au Myanmar est organisé moins d’une semaine après que la cathédrale du Sacré-Cœur de Pekhon ait été la cible de tirs d’artillerie, alors que plus de 300 habitants y avaient trouvé refuge lors d’une attaque. Les obus de mortier tirés sur l’église ont causé la mort de quatre personnes et fait de nombreux blessés.

Camille Westphal Perrier

Crédit image : Maung Nyan / Shutterstock.com

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