Suppression des devoirs à la maison au nom de la lutte contre les inégalités en milieu scolaire

Quelle cause bien noble me direz-vous que celle des protagonistes d’une pétition qui circule aujourd’hui pour demander la suppression des devoirs à la maison pour nos jeunes collégiens. Si je vous l’accorde, les longues soirées autour d’un devoir de maths, d’une leçon d’histoire ou d’une explication de texte se sont parfois transformées en petites guerres familiale, je ne peux cependant me résoudre à applaudir des deux mains quand de façon récurrente la polémique bat son plein autour des devoirs à la maison.

N’est-ce pas là le moyen de faire du lien entre l’école et la maison, entre les enseignants et les parents, avec et pour l’enfant ? S’asseoir à côté de son fils ou sa fille, faire le point sur la journée, s’obliger à prendre le temps, s’assurer qu’il est en capacité d’apprendre à travailler seul dans sa chambre, à s’organiser, c’est assurément pour un père ou une mère le meilleur moyen de dire à son enfant, que l’école c’est important, que ses joies et ses peines, ses réussites et ses difficultés, il les comprend et souhaite être un vrai supporter pour lui.

Bien sûr, il y a les enfants, les jeunes adolescents qui n’ont pas cette chance-là. Leurs parents ne peuvent pas assumer cette mission, ils n’ont pas été à l’école ou ne parlent pas la langue française. Il y a ceux aussi qui courent tout le temps et qui sont si agités que malgré leur présence, ils sont invisibles ou de véritables ouragans démobilisateurs, voir même parfois blessants.

Combien je comprends qu’il faille tout mettre en œuvre pour accompagner ses élèves en tenant compte de cette réalité, en cherchant à soutenir leurs parents, à les faire réfléchir, en leur donnant les moyens, au minima d’être une source d’encouragement pour leurs enfants.

Mais de grâce, ne risquons pas comme pour tant d’autres causes, de choisir de gommer la difficulté, en supprimant ce qui, pour tant d’autres fonctionne bien, les tire vers le haut, favorise le dialogue et l’accompagnement éducatif par la famille en lien avec l’école, le collège. On a trop tendance à tout niveler vers le bas et au nom de l’égalité, on priverait un grand nombre d’enfants et de parents de ce temps privilégié autour des devoirs, source d’une grande richesse qui met au travail, tant chez l’enfant que chez le parent, l’écoute, la patience, le goût de l’effort, les priorités, le respect mutuel.

N’oublions jamais que s’efforcer de vivre ce qu’il y a de meilleur, n’exclut jamais ceux ou celles qui pour d’innombrables raisons ont besoin d’être accompagnés autrement.
Usons d’imagination, engageons-nous pour vivre et faire vivre à nos enfants ce qu’ils ont besoin de vivre, y compris dans cet accompagnement aux devoirs à la maison. Donnons du temps pour soutenir les enfants qui ont besoin d’être « parrainés » pour pallier aux impossibilités parentales.

Rappelons-nous aussi que dans toutes les situations, l’espérance transmise et la prière qui accompagne l’enfant ou l’adolescent dans ce qu’il vit de difficile, l’aideront à grandir, s’épanouir en faisant du lien avec tous les lieux d’apprentissage et de vie.

Françoise Caron Gadreau

Françoise Caron
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