Témoignage bouleversant de Roseline Hamel, la soeur du père Jacques Hamel : « Avec ce procès nous espérons faire notre deuil »

Le père Jacques Hamel a été assassiné par deux jeunes djihadistes lors de la messe dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016. Près de six ans après le drame et alors que le procès de l’attentat s’ouvre ce lundi à Paris, sa petite soeur Roseline Hamel, qui porte depuis toutes ces années avec courage le message d’amour de son frère, témoigne. 

Le procès de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray s’ouvre ce lundi à Paris, près de six ans après l’assassinat du père Jacques Hamel à coups de couteau en pleine messe, avec trois membres de l’entourage des assaillants dans le box et un grand absent, l’instigateur présumé Rachid Kassim.

Ce procès, c’est une épreuve supplémentaire pour sa soeur Roseline Hamel qui depuis que son frère lui a été enlevé porte sa mémoire avec un courage admirable et témoigne là où elle est appelée.

Interrogée par InfoChrétienne, elle évoque sa souffrance, son deuil difficile mais aussi la grâce de Dieu dans sa vie qui lui a permis de se tenir debout et de ne pas se laisser envahir par la haine.

Faire son deuil

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle attend de ce procès, Roseline Hamel nous confie qu’elle espère déjà faire son deuil avec cette nouvelle étape. Après presque six ans, chacun des membres de sa famille se pose cette question, « quand pourrons-nous faire notre deuil ? ». Ce sera également l’occasion pour Roseline Hamel et pour ses enfants de prendre la parole, de faire entendre leurs voix.

Pour témoigner d’abord, de la vie de Jacques Hamel, et également pour exprimer son amertume sur la manière dont a été menée la surveillance des deux assaillants. Elle souhaite attirer l’attention sur la responsabilité de l’état dans ce drame qui aurait pu être évité. « Il y avait toutes les raisons pour les surveiller de près », rappelle-t-elle. La soeur de Jacques Hamel se prépare depuis plusieurs mois pour cette prise de parole tant attendue.

Quand on évoque les assaillants de son frère ainsi que les trois hommes qui seront dans le box des accusés dès lundi, elle explique ne pas ressentir de colère. Elle estime que ces hommes sont des victimes, « manipulés par des esprits malfaisants qui les ont transformés en préparateurs d’assassinat ».

Un message d’amour et de paix

Le message que la soeur du Père Hamel porte depuis près de six ans, c’est un message d’amour et de paix, malgré sa douleur, qui force l’admiration. Elle est notamment en contact avec la mère d’un des assaillants de son frère.

« Pendant au moins plus d’une année chaque jour était une souffrance intense cela a duré longtemps et j’ai beaucoup lutté pour trouver des motifs pour rester debout, pour trouver mon chemin. Et aussi pour insuffler de la force à mes enfants qui ont été très touchés. Cette force-là il fallait qu’elle vienne de moi. Cette responsabilité de lutte venait de ma responsabilité de maman », rappporte-t-elle.

Jusqu’au jour où elle s’est demandée : « qui peut souffrir plus que moi dans cette situation ? ». C’est ce cheminement qui l’a mené à prendre contact avec madame Kermiche. Elle évoque le « lien fort » qui s’est créé entre elles.

Avec humilité, Roseline Hamel affirme qu’il faut y être confronté pour pouvoir réagir sans colère, une grâce qu’elle attribue à Dieu. « Je n’aurai imaginé réagir comme cela », affirme-t-elle. « Je crois que la grâce nous a été donnée que la haine ne pénètre pas dans notre esprit à aucun moment. C’est une grâce de Dieu et c’est sa présence qui se manifeste ».

Elle conclut en confiant avoir longtemps demandé à Dieu où Il était ce jour-là, lorsque son frère avait besoin de lui. Jusqu’à ce qu’elle lise un texte d’Adomar de Barros « Des pas sur le sable », dont voici un extrait :

Peiné, j’ai dit au Seigneur : ‘Seigneur, tu m’avais dit que tu serais avec moi tous les jours de ma vie
et j’ai accepté de vivre avec Toi.
Mais je vois que dans les pires moments de ma vie,

il n’y avait qu’une seule trace de pas.
Je ne peux pas comprendre que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi’

Le Seigneur répondit : ‘Mon fils, tu m’es tellement précieux !
Je t’aime ! Je ne t’aurais jamais abandonné,
pas même une seule minute !
Les jours d’épreuves et de souffrances il n’y a qu’une seule trace de pas, parce que ces jours-là, je te portais’.

Depuis, elle sait dans son coeur que le Seigneur n’avait pas abandonné son frère Jacques, mais qu’Il l’a porté jusqu’à la fin.

Camille Westphal Perrier

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