Témoignages : Minorités religieuses torturées en Corée du Nord

« Des églises souterraines composées de petites congrégations existent en Corée du Nord, mais elles sont rares et soumises à des niveaux extrêmes de persécution. »

L’organisation Korea Future vient de publier un rapport sur les minorités religieuses en Corée du Nord, intitulé « Torture et peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Basé ​​sur 237 entretiens avec des survivants, des témoins et des auteurs de persécutions qui ont fuit en Corée du Sud, ce rapport affirme que les chrétiens, qui compte le plus petit nombre de fidèles, est le groupe religieux « le plus sévèrement persécuté » en Corée du Nord.

Selon le rapport, les chrétiens qui vivent actuellement en Corée du Nord sont issus de familles qui avaient connu la foi chrétienne avant l’instauration du régime actuel en 1948. Ces Coréens étaient partis en Chine pour gagner de l’argent ou trouver de la nourriture, et y avaient alors rencontré des missionnaires chrétiens.

« Des églises souterraines composées de petites congrégations existent en Corée du Nord, mais elles sont rares et soumises à des niveaux extrêmes de persécution. »

Le rapport fait état de différentes formes de torture sur les membres de deux communautés religoieuse, le chamanisme et le christianisme : la privation de nourriture, l’absence de sanitaires, la violence physique et la torture positionnelle. Pour chacune de ces formes de torture, le rapport relaye des témoignages glaçants.

Un survivant témoigne avoir mangé des radis hachés mélangés à des petits cailloux et des grains de sable.

« Les agents correctionnels ont haché des radis congelés. Il n’y avait que des petits cailloux et des grains de sable servis avec le radis. Au début, je ne pouvais pas manger le radis à cause des petits cailloux et des grains de sable qui craquaient entre mes dents. Mais au cinquième jour, j’ai dû le manger parce que j’avais faim. »

Un témoin raconte la mort d’une chrétienne qui dirigeait un groupe de maisons.

« Sa lèvre était déchiquetée. Les policiers lui ont tenu les cheveux et lui ont cogné la tête contre les barreaux de la cellule. Un policier lui a dit de poser sa main sur le sol. Il a marché dessus et a tourné ses pieds à 90 degrés. Tous ses doigts se sont cassés. Elle s’est vue refuser un traitement médical. Je lui ai dit d’arrêter de diriger l’église clandestine, mais elle a dit qu’elle devait s’occuper des membres de l’église. Elle est décédée plus tard après avoir été sévèrement battue physiquement par des fonctionnaires du ministère de la Sécurité d’État. »

Un autre survivant témoigne de la torture positionnelle.

« J’ai passé huit mois en détention à côté de [la victime], mais les agents correctionnels nous ont battus avec un bâton si nous parlions ou tournions la tête lorsque nous étions soumis à la torture positionnelle. Ils nous ont dit de ne pas bouger même si un codétenu tombait mort. »

Korea Future affirme que « le droit à la liberté de religion ou de conviction est un principe fondamental du droit international qui partage une base normative avec le droit de ne pas être soumis à la torture ni à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

M.C.

Article initialement publié le 17 décembre 2021.

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