Thrive Rescue : Comment Jeremy Kraus sauve les enfants exploités sexuellement dans le « Sodome et Gomorrhe de Thaïlande »

« Mon cœur était donc vraiment pour les enfants victimes de la traite. Et je disais à ces pasteurs : ‘Regardez, je veux vraiment faire quelque chose ici’ et ils disaient : ‘Voici la Sodome et Gomorrhe de Thaïlande. Pourquoi voudriez-vous faire quelque chose ici ?' »

C’est par une rencontre que Thrive Rescue a commencé il y a 10 ans. Celle d’une petite fille qui était sur le point d’être vendue par sa famille. Aujourd’hui, l’association milite pour la prise en charge des enfants de moins de 13 ans arrachés à la traite et l’exploitation sexuelle.

CBN News raconte ce jour où Jeremy Kraus, le cofondateur de l’ONG, a sauvé la première victime.

Jeremy avait ressenti l’appel de Dieu pour la Thaïlande. Il s’y est donc rendu, notamment à Pattaya, et y est resté plusieurs mois.

« Et je parlais lors d’une conférence de pasteur, et mon cœur venait de se connecter à la ville. Je ne savais rien du trafic d’êtres humains. Je ne savais rien de cette ville, vraiment. »

Il disait alors à ces pasteurs qu’il voulait vraiment faire quelque chose dans cette ville.

« Mon cœur était donc vraiment pour les enfants victimes de la traite. Et je disais à ces pasteurs : ‘Regardez, je veux vraiment faire quelque chose ici’ et ils disaient : ‘Voici la Sodome et Gomorrhe de Thaïlande. Pourquoi voudriez-vous faire quelque chose ici ?' »

S’il n’existe aucune statistique nationale officielle sur la prostitution, des sources non-officielles estiment qu’il existe entre 30 000 et 60 000 enfants victimes de l’exploitation sexuelle en Thaïlande chaque année.

La question du suivi des enfants secourus est primordiale. Jeremy s’interroge alors :

« Si vous n’avez pas de suivi, où allons-nous placer les enfants ? Comment vont-ils se rétablir ? Comment vont-ils sortir de la crise ? J’ai commencé à chercher une organisation accueillant spécifiquement des enfants victimes de traite et d’abus sexuels âgés de moins de 13 ans. Et alors, j’ai pensé, vous savez, nous devons commencer quelque chose. »

Jeremy a donc acheté une maison et a démarré Thrive Rescue.

« Nous avons aménagé la maison comme nous le voulions. Je suis descendu. J’étais assis dans le bureau, je me suis assis et j’ai dit : ‘Seigneur, nous sommes prêts pour les enfants.’ J’avais l’impression qu’il venait de parler à mon cœur pour me dire ‘Vous pensez que le diable va vous donner ces enfants ?’ Et j’ai senti que c’était mon indice pour me lever et aller les chercher. »

Jeremy a donc commencé à rencontrer toutes les personnes qui étaient au contact de ces victimes, les pasteurs, la police, les travailleurs sociaux pour que tous soient au courant du rôle que tiendrait désormais Thrive Rescue.

Alors un pasteur lui parle d’une fillette. Sa mère, ou sa grand-mère avait tenté de la vendre pour quelles heures ou quelques jours à des marins sur un cargo. Mais le pasteur venait de la sauver.

« Ce pasteur venait juste de sauver cette fille, et elle était en sécurité maintenant, mais il ne savait pas quoi faire avec elle. Nous lui avons dit: ‘C’est pour cette raison que nous sommes ici !' »

Le pasteur a amené cette jeune fille chez Jeremy. Sa chambre était prête. Jeremy se rappelle son étonnement quand elle a vu son matelas.

« Et ils lui ont demandé si elle voulait rester et elle a dit ‘oui !’ et c’était donc notre première fille. »

Sonthaya Maenpuen est le sergent-major de la police anti-traite. Son service a observé Thrive Rescue pendant 2 ans. Il honore leur travail :

« En fait, vous avez l’une des meilleures maisons que nous ayons vue en Thaïlande . À partir de maintenant, chaque enfant que nous sauvons et qui répond aux critères pour entrer chez vous, nous allons vous l’amener. »

Les maisons Thrive Rescue prennent en charge les survivants de la traite en leur offrant la paix, la liberté et l’estime de soi. Jeremy aime rappeler à l’équipe qu’il ne s’agit pas d’un travail, mais d’un service pour Dieu.

Sangao a été restauré dans une de ces maisons après avoir échappé à l’exploitation sexuelle. il raconte :

« J’avais très peur lorsque je suis arrivé pour la première fois à Thrive. Mais après un certain temps, quand j’ai vu à quel point ils m’aimaient, la peur est partie. J’ai appris à connaître Jésus ici et ma vie a totalement changé. Je suis très heureux d’être dans une maison sûre. Je leur en suis très reconnaissant et je sais que mon avenir est prometteur. »

Sulky Vallee travaille aux côtés de Jeremy, elle évoque également les difficultés de ce combat :

« Tu sais que parfois c’est très fatiguant. Mais à la fin de la journée, ils viennent me prendre dans leurs bras et me disent : ‘Maman, je t’aime.’ Tu sais que ça change mon monde. Dieu ne m’a donné qu’une fille, mais maintenant j’en ai 18 de plus. »

En avril, Thrive Rescue a annoncé le lancement de ce programme à Mexico.

M.C.

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