Un homme lynché, « torturé à mort » puis brûlé pour blasphème, Imran Khan dénonce « un jour de honte pour le Pakistan »

« L’horrible attaque de justiciers contre l’usine de Sialkot et l’incendie du directeur sri-lankais sont un jour de honte pour le Pakistan. Je supervise les enquêtes et qu’on ne s’y trompe pas, tous les responsables seront punis avec toute la rigueur de la loi. Les arrestations sont en cours. »

Le 3 décembre, un directeur d’usine sri-lankais, Priyantha Kumara, a été accusé de blasphème, lynché par la foule et brûlé, à Sialkot au Pakistan. Imran Khan, Premier Ministre pakistanais a immédiatement dénoncé sur Twitter « un jour de honte pour le Pakistan », avant de préciser que les responsables seraient « punis avec toute la rigueur de la loi ».

« L’horrible attaque de justiciers contre l’usine de Sialkot et l’incendie du directeur sri-lankais sont un jour de honte pour le Pakistan. Je supervise les enquêtes et qu’on ne s’y trompe pas, tous les responsables seront punis avec toute la rigueur de la loi. Les arrestations sont en cours. »

Selon Armagan Gondal, un chef de la police du district de Sialkot dont les propos sont repris par Associated Press, Priyantha Kumara a été accusé d’avoir profané des affiches portant le nom du Prophète Mahomet. Il a été lynché par la foule, « torturé à mort' », selon Dawn, puis son corps a été brûlé sur la voie publique.

L’Inter-Services Public Relations, média et relations publiques de l’armée pakistanaise, dénonce un « meurtre de sang-froid […] extrêmement condamnable et honteux ».

« Le meurtre de sang-froid d’un citoyen sri-lankais par une foule à Sialkot est extrêmement condamnable et honteux. Une telle justice extrajudiciaire ne peut être tolérée à tout prix. Le COAS [chef d’état-major de l’armée, NDLR] apporte tout son soutien à l’administration civile pour arrêter les auteurs de ce crime odieux et les traduire en justice. »

Pour le représentant spécial pour les affaires religieuses et l’harmonie interconfessionnelle Hafiz Tahir Mehmood Ashrafi, ce lynchage a « dégradé l’Islam ». Il affirme que les coupables seront punis pour « barbarie ».

Selon la police du Pendjab, une centaine de personnes ont été arrêtées, dont deux acteurs principaux.

Pour Samson Salamat, président de Rwadari Tehreek, organisation qui milite pour la tolérance religieuse au Pakistan, ce « meurtre brutal », est « le résultat amer de décennies d’endoctrinement et d’incitation à la violence par des organisations extrémistes qui opèrent en toute impunité dans le pays parce que l’appareil d’État est incapable de les arrêter ». « Ils utilisent les lois sur le blasphème comme une arme », déplore-t-il.

Mervyn Thomas, président fondateur de Christian Solidarity Worldwide, adresse ses condoléances à la famille et aux proches de la victime et appelle au réexamen des lois sur le blasphème.

« Une fois de plus, le Pakistan a été secoué par une violence de foule flagrante en rapport avec ses lois notoires sur le blasphème, qui sont totalement incompatibles avec le droit fondamental à la liberté de religion ou de conviction et doivent être réexaminées de toute urgence, en vue de leur abrogation complète à long terme. Nous appelons le Pendjab et les autorités nationales à veiller à ce que l’état de droit soit respecté dans l’enquête policière en cours, et à ce que ceux qui ont participé à ces violences soient poursuivis. Nous appelons également au calme parmi les communautés religieuses au Pakistan et au Sri Lanka, en veillant à ce que cet incident d’intolérance à motivation religieuse n’engendre pas davantage de division et de violence. »

M.C.

Crédit image : Awais khan / Shutterstock.com

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