Un leader chrétien battu au Soudan : « Nous vous tuerons si vous continuez les activités chrétiennes à Tambul »

« J’ai encore mal à cause de ces coups. Je remercie tous ceux qui m’ont accompagné pendant la détention. Je continuerai à défendre le droit de l’Église malgré tous ces obstacles. »

Oussama Saeed Kodi, président de l’Union de la jeunesse chrétienne de l’État d’Al Jazirah, a été arrêté et battu le 19 février dernier pour s’être prononcé contre l’incendie de l’église de Tambul. Cette église, la seule de la région, avait été incendiée au début du mois de janvier.

Des leaders chrétiens ont expliqué que l’homme a été menotté par des hommes masqués qui lui ont bandé les yeux. Ils auraient alors déclaré :

« Nous vous tuerons si vous continuez les activités chrétiennes à Tambul. »

Relâché quelques heures plus tard,  Oussama a expliqué avoir « été brutalement battu par le personnel de la sécurité nationale à la poitrine et à la jambe droite ».

« J’ai encore mal à cause de ces coups. Je remercie tous ceux qui m’ont accompagné pendant la détention. Je continuerai à défendre le droit de l’Église malgré tous ces obstacles. »

Selon Christian Solidarity Worldwide (CSW), des agents du Service général des renseignements (SIG) auraient accusé Oussama d’essayer de « laver le cerveau de citoyens soudanais avec l’aide d’organisations chrétiennes ». Ils lui auraient ordonné de « mettre un terme à tout effort visant à créer une nouvelle église » et auraient même ajouté qu’ils pourraient être tué s’il ne respectait pas ces ordres.

Le président fondateur de CSW, Mervyn Thomas, s’est exprimé en faveur d’Oussama :

« CSW est préoccupé par l’arrestation arbitraire, l’interrogatoire et les mauvais traitements subis par M. Kodi, qui semble avoir été visé en raison de son plaidoyer concernant l’incendie criminel du bâtiment de l’église de Tamboul. Nous exhortons le gouvernement soudanais à maîtriser les excès du SIG, qui continue de fonctionner de manière anarchique avec son prédécesseur. Nous appelons également à un réexamen urgent de la décision des autorités de l’État de Gezira d’interdire la reconstruction de l’Église, ce qui ne fera qu’enhardir encore plus les responsables. Afin de faciliter la liberté de religion ou de conviction pour toutes les communautés religieuses, le Soudan doit aller de la rhétorique à la mise en œuvre. Nous exhortons les autorités à assurer une enquête approfondie sur l’attaque, les responsables devant rendre des comptes, et à mettre fin au harcèlement des membres des communautés religieuses minoritaires qui demandent simplement justice. »

M.C.

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