Un rapport britannique révèle « la vérité qui dérange » : les chrétiens subissent des « génocides »

« La majorité écrasante (estimé à 80%) des croyants religieux persécutés sont des chrétiens. »

En décembre dernier, Jeremy Hunt, secrétaire aux Affaires Étrangères britannique, commandait un examen indépendant sur la persécution religieuse dans le monde à l’évêque de Truro. Il vient de rendre ses premières conclusions dans un rapport intermédiaire.

Dès les premières pages du rapport, le spécialiste évoque « phénomène mondial qui prend de l’ampleur et de l’intensité », une « menace grandissante » qui pèse sur le monde entier.

« On estime qu’un tiers de la population mondiale souffre d’une forme de persécution religieuse, les chrétiens étant le groupe le plus persécuté. »

Il y est question de la généralisation des actes de violence et d’intimidation contre les chrétiens. L’évêque de Truro révèle une aggravation de la persécution anti-chrétienne au sein-même de la période d’étude, allant jusqu’à affirmer que le rapport serait malheureusement obsolète dès sa publication.

« Alors même que ce rapport intermédiaire en était à sa phase finale, la nouvelle nous parvenait des attentats à la bombe de Pâques au Sri Lanka, qui ont fait de nombreuses victimes parmi les attaques dans lesquelles les chrétiens constituaient une cible de choix. La triste réalité est que ce rapport sera périmé, au moment-même de sa publication. »

Dans certaines régions du monde, « le christianisme risque de disparaître ». L’évêque de Truro se place aux côtés des parlementaires : il s’agit de « génocide ».

« Dans certaines parties du Moyen-Orient et de l’Afrique, la « vaste échelle » de la violence et de l’intention déclarée de ses auteurs d’éradiquer la communauté chrétienne a conduit à plusieurs déclarations parlementaires ces dernières années selon lesquelles le groupe confessionnel aurait subi des génocides au sens de la définition adoptée par l’ONU. »

Selon l’ONU, le génocide est défini à l’article 2 de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide :

« L’un des actes suivants commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme : assassiner des membres du groupe ; porter atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe ; infliger délibérément au groupe des conditions de vie propres à assurer sa destruction physique totale ou partielle ; imposer des mesures destinées à prévenir les naissances au sein du groupe ; [et] transférer de force les enfants du groupe à un autre groupe. »

Le rapport apporte des preuves de cette déclaration. Tout d’abord, en analysant « la propagation géographique de la persécution anti-chrétienne ». En 2015, les chrétiens étaient pris pour cibles dans 125 pays. Aujourd’hui, c’est le cas dans 144 pays.

« Les chrétiens ont été harcelés dans plus de pays que tout autre groupe religieux et ont été harcelés dans de nombreux pays très musulmans du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. »

Mais aussi en révélant la « gravité croissante » des actes anti-chrétiens. Il y est question de « violence de masse », de « bombardements d’églises, d’attaques des « communautés minoritaires » par les « armées de l’État », de « torture des chrétiens », de « passages à tabac », d’ « exécutions extra-judiciaires », de « disparitions forcées », de « persécution sociale » et de « lois préjudiciables à leur droit international de liberté de religion et de conviction ».

« Là où ces incidents, parmi d’autres, répondent aux critères du génocide, les gouvernements devront traduire leurs auteurs en justice, aider les victimes et prendre des mesures préventives pour l’avenir. »

Dans ce contexte, l’évêque de Truro déplore la « sous-déclaration » des persécutions à l’encontre des chrétiens. Ce rapport permet selon de lui de souligner « la vérité qui dérange » :

« La majorité écrasante (estimé à 80%) des croyants religieux persécutés sont des chrétiens. »

Ce rapport permettra de cartographier l’étendue et la nature du phénomène, d’évaluer la qualité de la réponse du Foreign and Commonwealth Office, et de formuler des recommandations. Le rapport final sera rendu à la fin du mois de juin. Pour l’évêque de Truro, il poursuivra un objectif :

« Je vais évaluer quelle serait la réponse appropriée aux besoins du croyant chrétien moyen, une jeune femme chrétienne nigériane âgée de 16 ans dont les droits auraient peut-être été retirés dans la force de l’âge et de la promesse. »

M.C.

Crédit Image : photocosmos1 / Shutterstock.com

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