Un survivant de la Shoah lègue sa fortune au Chambon-sur-Lignon pour remercier les chrétiens du village qui l’ont caché des nazis

Erich Schwam est un survivant de la Shoah, réfugié au Chambon-sur-Lignon en 1943 il a été sauvé de la déportation grâce à l’aide des habitants. Décédé à l’âge de 90 ans, il lègue sa fortune au village. 

Le Chambon-sur-Lignon est un village français de Haute-Loire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous la direction du pasteur protestant André Trocmé et de son épouse, Magda, les habitants du village ont sauvé 5 000 juifs de la déportation vers les camps de concentration.

Erich Schwam, originaire de Vienne, est venu se réfugier en France avec sa mère, son père et son grand-père à partir de février 1943. Il fait parti des juifs qui ont été sauvés par les habitants du Chambon-Sur-Lignon.

Décédé en décembre dernier à l’âge de 90 ans, Erich Schwam a décidé de léguer sa fortune à ce village de Haute-Loire qui a eu un tel impact sur sa vie. Un chiffre de 2 millions d’euros a été annoncé mais la commune n’a pas souhaité donner plus de détails sur le montant, qu’elle affirme ne pas encore connaître.

L’adjointe à la culture et à la communication du Chambon-sur-Lignon, Denise Vallat, explique qu’un notaire de la banlieue lyonnaise a appelé le maire de la ville pour lui annoncer la nouvelle. Elle ajoute que le généreux donateur qui n’a pas eu d’enfant était un homme « discret » qui a vécu une grande partie de sa vie à Lyon où il officiait en tant que pharamcien.

« Erich Schwam n’a pas eu d’enfants. C’était un monsieur très discret et il ne souhaitait pas beaucoup de publicité à propos de son geste. On sait peu de choses sur le donateur mais on a fait des recherches. On sait qu’Erich Schwam a vécu toute sa vie d’adulte à Lyon et dans la banlieue lyonnaise. Il a fait des études de pharmacie. Il a épousé une Lyonnaise en 1956, date à laquelle il a été naturalisé français. Il a mené une vie très discrète de pharmacien de laboratoire. »

Dans son testament, Erich Schwan indique qu’il a fait ce choix « en remerciement de l’accueil que les habitants du Chambon lui ont réservé pendant la guerre » affirme Denise Vallat.

André et Magda Trocmé, décédés respectivement en 1971 et 1996, avaient encouragé les membres de sa congrégation à abriter les juifs qui fuyaient les persécutions nazis. « Nous résisterons chaque fois que nos adversaires exigeront de nous une obéissance contraire aux ordres du l’évangile » affirmait le pasteur. Et pendant toute la durée de la guerre, pas un seul juif caché au Chambon n’a été déporté. André Trocmé et son épouse ont tous les deux été nommés Justes parmi les Nations par le Yad Vashem, l’Autorité commémorative des martyrs et des héros de l’Holocauste à Jérusalem.

C.P

Crédit image : Licence Creative Commons / Wikimedia

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