Une association évangélique pour l’environnement : « Les autres espèces comptent pour Dieu »

Une association chrétienne appelée A Rocha et qui a ses locaux aux Royaume-Uni est engagée dans la recherche scientifique et l’éducation écologique basées sur la préservation de l’environnement. Elle s’appuie sur l’idée que « l’évangile est autant pour la planète que pour les gens ».

Dans une interview donnée à Evangelical Focus, un membre de A Rocha, David Bookless, encourage les chrétiens à commencer à agir en accord avec la valeur qu’accorde les Écritures à la Terre. Il fait remarquer que les chrétiens, particulièrement ceux de l’Occident, ont « mis en application le matérialisme de notre société laïque d’une façon qui est profondément non-biblique. »

« La raison pour laquelle nous attachons de l’importance à la Terre n’est pas principalement parce que nous aimons la nature, bien que nous l’aimons; ce n’est pas principalement parce qu’il y a une crise qui nous affecte tous, même s’il y en a une, » dit Bookless de son rôle dans l’ONG environnementale. « Notre raison principale est parce que nous croyons que Jésus Christ est le Seigneur de toute la création. »

Bookless cite le Psaume 24 et Colossiens 1 comme raisons pour lesquelles l’ONG effectue « des actions dans la préservation, dans les campagnes et dans l’éducation écologique. »

Il ajoute que « La Terre est au Seigneur et que Jésus est le Seigneur créateur. »

Quand on demande à Bookless, le directeur de la théologie à A Rocha, ce qu’il fait dans l’ONG, il répond ceci.

« J’aide à documenter la famille mondiale de A Rocha. Nous travaillons maintenant dans 20 pays partout dans le monde. Alors j’aide à fournir des ressources, j’écris des blogs, je fournis des études bibliques, j’écris des documents pour les églises et j’aide aussi à résoudre tous les problèmes délicats qui surviennent dans la communauté A Rocha. »

Bookless fait remarquer que les chrétiens ont « un éventail de point de vues » sur la façon dont la création commença ainsi que sur l’évolution et de la création. Du coup, il a trouvé un moyen de garder les chrétiens unis.

« Nous essayons de garder les choses unis et de dire: notre priorité est non comment Dieu a fait, mais pourquoi Dieu l’a fait et comment nous devons en prendre soin, » dit Bookless.

Bookless ajoute que ses autres rôles sont « d’essayer de travailler avec la communauté mondiale – particulièrement évangélique – en les aidant à comprendre ce que la Bible enseigne à propos de l’amour de la création. »

« Nous travaillons beaucoup avec le World Evangelical Alliance (L’alliance mondiale évangélique), le mouvement de Lausanne, et quelques grosses organisations internationales, en les aidant à intégrer l’amour de la création dans tout ce qu’ils font. »

Quand on demande au directeur de la théologie à quel point l’être humain peut « réellement influencer positivement l’écosystème et aider à sa durabilité. » Bookless répond que les faits montrent que les hommes « affectent l’écosystème négativement », et que « nous avons le pouvoir de changer la donne. »

« Nous avons le pouvoir d’utiliser notre potentiel, notre intelligence, nos technologies, soit d’une manière qui fera du mal à la nature ou d’une manière qui l’améliorera et qui sera en accord avec elle. C’est sur quoi nous devons concentrer notre énergie, dans le fait de vivre d’une façon qui rend l’écosystème plus durable. »

Bookless admet qu’il a une « vision du monde biblique » de la création. Evangelical Focus lui demande comment cette vision affecte le chrétien moyen qui vit dans une ville.

« J’essaye d’acheter de la nourriture qui est produite d’une manière qui n’augmente pas l’emprunte de l’humanité de façon négative sur la nature, qui permet plutôt à la création de prospérer d’une façon plus intégrée, » dit Bookless par rapport aux supermarchés. « Cette vision ferait partie de nos courses. »

Bien que sa famille et lui même ne sont pas 100% végétariens, Bookless fait remarquer que, effectivement, ils « mangent moins de viandes », ce qui permet à sa famille « d’acheter de la viande qui est produite de façon éthique. »

« Cela fait parti de notre louange de manger d’une façon qui glorifie Dieu et qui reconnaît la valeur de la création de Dieu. »

Evangelical Focus fait remarquer que beaucoup de chrétiens évangéliques, surtout aux Etats-Unis, affirment que « le changement climatique est une invention » et que les chrétiens « devraient dominer la Terre. » Ils interrogèrent Bookless sur pourquoi certains chrétiens ne font pas de l’écologie leur priorité.

« Je pense que pour certains chrétiens cela ramène à la peur de la science, particulièrement le changement climatique. Pour certains chrétiens, depuis que la théorie de l’évolution est arrivée, cela a fait une guerre entre la Bible et la science. Que l’idée que la science est toujours en train de porter atteinte à Dieu est vrai. »

Bookless pense que le changement climatique, comme toutes les grandes théories scientifiques, a reçu « beaucoup de fortes réactions, de scepticisme, parmi les chrétiens. » Cependant il pense que le plus gros problème repose dans la « culture matérialiste laïque » non-biblique de l’Occident.

« Jésus a beaucoup à dire sur les dangers des richesses et de l’argent, » déclare Bookless. « Il a plus parlé de ça que du pêché et de la rédemption dans les évangiles. Et cependant, si nous acceptons ce que les scientifiques disent à propos du changement climatique, si nous acceptons que les autres espèces ont de la valeur pour Dieu, alors cela devient une menace pour notre style de vie cupide.« 

Selon Bookless, A Rocha est la « seule organisation basée sur la foi qui est membre à part entière de l’IUCN, qui est le congrès mondial de la protection (de la nature). » Il note que les groupes environnementaux laïques manquent d’une philosophie qui explique pourquoi il est important de suivre des pratiques de sauvegarde et de protection écologique.

« Nous croyons qu’il est clair que cette valeur vient de Dieu, que les espèces ont de la valeur, que l’écosystème a de la valeur, simplement parce que Dieu leur attache une grande importance. Parce que Dieu, dès le début a dit: ‘C’est bon, c’est vraiment bon.’ Nous avons une explication cohérente de pourquoi la nature a de la valeur. »

Dans sa question final, Evangelical Focus demande à Bookless pourquoi les églises devraient être engagées dans des actions environnementales. Bookless donne une raison biblique.

« Le premier commandement que les Ecritures nous donnent est d’être de bons intendants, d’avoir autorité – ce qui ne veut pas dire ‘dominer’, cela signifie avoir une autorité qui vient de Dieu – sur la création. De régner sur les oiseaux, les poissons et les mers. Non, pour notre propre bien, mais pour la gloire de Dieu. Alors c’est profondément biblique, vous pouvez dire que c’est le premier commandement dans la Bible. »

Bookless élabore sur la seconde raison pour laquelle les églises doivent être engagées un minimum dans les problèmes environnementaux.

« Quand les chrétiens prennent la Terre au sérieux, les gens prennent les évangiles au sérieux. A notre époque, quand la crise environnementale est la chose qui inquiète le plus les gens, quand ils voient les chrétiens faire quelque chose de concret à propos de ça, ils sont surpris parce qu’ils ne pensaient pas que la chrétienté avait un rapport avec ça. »

Bookless pense aussi qu’être engagé dans l’environnement a un effet positif sur les églises chrétiennes. Dieu est le Créateur, donc ces problèmes sont profondément connectés à la foi chrétienne.

« Quand les églises prennent soin de la création comme une partie active de leur ministère, cela a un effet positif sur l’évangélisation. Les gens vont venir dans cette église; ils vont la chercher, parce voilà une église qui prend au sérieux le plus grand problème de notre époque. »

Source: Gospel Herald

La rédaction

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