Une carte pour mesurer la place des femmes dans les paroisses catholiques

Deux associations catholiques prônant une plus grande présence des femmes dans l’Eglise ont lancé une cartographie destinée à « recenser les pratiques d’inclusion » au sein des différentes paroisses de France, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes mardi.

Le comité de la Jupe et Toutes Apôtres! ont annoncé dans un communiqué mettre en ligne cette « carte collaborative » afin de « percevoir les évolutions de l’Eglise sur ce sujet sensible » qu’est « la place des femmes » et si possible « marquer une étape dans une prise de conscience collective ».

Pour chaque église, il est ainsi demandé de renseigner plusieurs questions, comme par exemple « Des femmes distribuent-elles régulièrement la communion? », « Des filles servent-elles régulièrement à l’autel ? » ou encore « Parmi les laïcs du conseil pastoral (…) y a-t-il au moins 40% de femmes ? ». En fonction des réponses, la paroisse est taguée de la couleur « verte », « orange » ou « rouge ».

« Cette carte est une manière d’avoir le coeur net sur les pratiques des paroisses », affirme à l’AFP Anne Soupa, présidente du Comité de la Jupe, qui ajoute à titre d’exemple que « certaines paroisses sont très braquées sur la question de l’accès des fillettes (comme enfants de choeur, ndlr) à l’autel ».

« C’est une réponse à la non-réponse des évêques » interpellés l’an dernier sur ce sujet, a-t-elle ajouté.

Les deux associations associent à cette carte « dix propositions concrètes » pour « que les femmes soient mieux reconnues dans la liturgie, l’annonce de la foi et la gouvernance des paroisses ». Parmi elles, demander « que les femmes puissent faire des homélies », souligne Anne Soupa.

Autres propositions: que « les figures spirituelles féminines soient mises en valeur, au côté de ‘Marie », ou encore « arrêter d’appeler le prêtre ‘père' ».

En octobre, le rapport Sauvé, qui a révélé l’ampleur du phénomène de pédocriminalité dans l’Eglise de France depuis les années 1950, avait préconisé, dans l’une de ses 40 recommandations, une plus grande place pour les laïcs, et en particulier les femmes, dans la gouvernance de l’Eglise.

En novembre, les évêques réunis à Lourdes avaient annoncé leur intention de mettre sur pied neuf « groupes de travail » chargés de réfléchir à la « gouvernance » de l’Église, sous la responsabilité de laïcs.

En 2020, Anne Soupa, théologienne, avait postulé à l’archevêché de Lyon pour succéder à Mgr Philippe Barbarin, afin de poser la question de la place des femmes dans la gouvernance de l’Eglise.

Toutes Apôtres s’est constituée à l’été de la même année, réclamant que les femmes catholiques puissent accéder à des postes réservés, dans la tradition catholique romaine, au clergé masculin.

La rédaction (avec AFP)

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