Une femme candidate à la présidentielle syrienne, « une étape importante dans une société musulmane » pour le vicaire d’Alep

Alors que la prochaine élection présidentielle en Syrie aura lieu le 26 mai, les Syriens ont découvert une candidature inattendue, celle de Faten Ali Nahar, première femme à disputer cette élection.

Le président du parlement syrien, Hammoud Sabbagh, a annoncé la candidature de Faten Ali Nahar une avocate âgée de 50 ans et originaire de Damas à la prochaine élection présidentielle. Bien que cette candidature soit essentiellement symbolique puisque la victoire de l’actuel président Bachar El-Assad est attendue, il s’agit d’une première dans l’histoire du pays et dans une grande partie du Moyen-Orient : une femme qui envisage d’occuper la fonction présidentielle.

Interrogé par AsiaNews, le Vicaire apostolique d’Alep des Latins, Mgr Georges Abou Khazen s’est réjoui de cette candidature inattendue. Dans un pays à majorité musulmane voir une femme se présenter à la présidentielle est une étape importante a affirmé le prélat, même si il estime que ses chances de remporter le scrutin « sont très minces ».

« Dans une nation non chrétienne et majoritairement musulmane, c’est une bonne chose de voir une femme se présenter aux plus hautes fonctions, même si ses chances de victoire sont très minces. »

Le vicaire rappelle que dans une société islamique « il est difficile pour une femme de régner sur un homme ». C’est pour cela que cette candidature marque un tournant qui pourrait être considéré comme « un signe d’ouverture de la part du gouvernement, officialisé dans l’annonce faite hier par le président du Parlement. »

Cette candidature s’inscrit toutefois comme un faire-valoir pour donner une apparence démocratique à un scrutin dont l’issue est déjà connu et sans opposition pour le président sortant Bachar El-Assad. Il est par ailleurs probable que l’occident ne reconnaissent pas le résultat du vote de l’élection. Le président américain Joe Biden a déjà annoncé qu’il ne reconnaîtrait le résultat des élections que si le scrutin est libre, équitable, supervisé par les Nations Unies et représente l’ensemble de la société syrienne.

Cependant, aucune mesure n’a été jusqu’à présent mise en place et le président est maintenu au pouvoir grâce au soutien militaire, économique et diplomatique de la Russie et de l’Iran.

Après des années de guerre et de violences, la Syrie est un pays fragile où les problèmes de la vie quotidienne notamment le manque de nourriture l’emportent souvent sur les attentes et les espoirs de changement rappelle Georges Abou Khazen.

« Tout le monde veut du changement mais ce qui compte maintenant, c’est ce qui se passe chaque jour, le manque de pain, la faim et les sanctions. »

Camille Westphal Perrier

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