Une « somme d’argent » versée pour « manifester concrètement » la reconnaissance du statut de victimes de prêtres pédophiles

« Nous sommes conscients qu’aucun dispositif ne peut rattraper ce qui s’est passé ni apaiser ce qui est vécu. Nous demandons avec humilité à essayer de renouer une relation. »

L’Assemblée plénière des évêques de France se tenait à Lourdes la semaine dernière. Au programme, « opportunité écologique », « crispation sociale », « avent », mais surtout la très attendue « relation avec les victimes d’abus sexuels » dont la réflexion a abouti à l’annonce du versement d’une « somme d’argent forfaitaire et unique » en reconnaissance des souffrances des victimes.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, s’est exprimé dans un discours de clôture afin de « rendre compte à toutes celles et à tous ceux qui veulent bien s’y intéresser du déroulement et de l’issue des travaux de l’assemblée des évêques » et de « ressaisir la matière de ces jours pour que les décisions prises soient mises en œuvre, les orientations décidées poursuivies et pour que l’élan de cette session retentisse dans la vie de nos diocèses ».

L’archevêque commence par honorer la parole des « personnes victimes » qui ont ainsi révélé « des actes que s’étaient permis ou que se permettaient certains prêtres ». 2800 personnes ont témoigné auprès de la Commission « pour raconter ce qu’elles avaient subi ». Reprenant la formule d’un évêque, il faisait état d’une « infection qui anémiait secrètement le corps de l’Église ».

« La parole des personnes victimes nous a fait découvrir une face sombre de la vie ecclésiale dont nous n’avions pas idée, mais cette ignorance ne suffit pas à tout excuser. […] Ces personnes nous aident à purifier notre Église, dans sa vie concrète, de ce qui n’aurait jamais dû y entrer. »

Éric de Moulins-Beaufort précise que ces victimes l’ont été à double titre. Victime des « actes subis », mais également « du silence, de la cécité, de l’aveuglement ». Le président de la Conférence précise même que cet « aveuglement » « a pu parfois être volontaire ».

Le travail de la Commission a permis de révéler que les victimes ne « demandaient pas de compassion, ni de compensation de leurs souffrances », mais « la vérité ».

« Nous nous engageons à reprendre contact, chacun avec les personnes victimes que nous connaissons, pour leur manifester concrètement que nous reconnaissons la double cause de leurs souffrances. »

Et cette manifestation concrète passe par « la possibilité de recevoir une somme d’argent forfaitaire et unique », dans un « effort pur garder la mémoire de ces faits », ainsi que la présentation des actions de « prévention et de formation en matière d’accompagnement des clercs coupables ». L’objectif étant que « les faits affreux qu’elles ont subi ne se reproduisent plus ».

« Nous sommes conscients qu’aucun dispositif ne peut rattraper ce qui s’est passé ni apaiser ce qui est vécu. Nous demandons avec humilité à essayer de renouer une relation. »

Il ajoute que Jésus lui-même appelle à ce « travail de vérité ».

« Le Seigneur Jésus nous appelle à ce travail de vérité. Nous le devons à l’Église entière. Nous le devons à l’humanité. Nous le devons aux jeunes. »

Et de préciser que cette « profonde transformation pastorale » est « nécessaire partout ».

M.C.

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