Un village chrétien syrien résiste à Daech : « Il ne tombera pas, avec la grâce de Dieu »

Mhardeh, la ville du soleil le long de l’Oronte, à 70 km de Homs, refuse de subir le même sort que Mossoul. Ses habitants sont prêts à mourir plutôt que de quitter leur ville. Elle possède un patrimoine archéologique exceptionnel avec des ruines romaines, byzantines et cinq églises. Elle est la ville natale du défunt Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, Ignace IV Hazim.

Mais cette ville chrétienne est le théâtre de tirs nourris du Front Al-Nosra, dont les tentatives répétées de s’emparer de la ville ont toutes échoué. La semaine dernière, une de ces attaques a encore coûté la vie à un de ces jeunes, Chahoud Najeh Di’an, mais la ville et ses 17 000 habitants demeurent libres.

« La ville ne tombera pas, avec la grâce de Dieu. »

Pour le chef de la défense nationale de Mhardeh, Simone, appelé Abu Fahd, la ville « ne tombera pas, avec la grâce de Dieu ». Les habitants ont pris les armes et se sont engagés dans une guerre défensive, menée au côté de l’armée syrienne…

« Nous préférons cent fois mourir en martyr plutôt que d’essayer d’attirer l’attention de la communauté internationale en espérant qu’ils combattent l’Etat Islamique. »

« Nous refusons de subir le destin de Mossoul. »
La région de Mhardeh est stratégique pour l’organisation terroriste, qui aimerait démontrer que le régime syrien est incapable de protéger les chrétiens. Mhardeh constitue une deuxième ligne de défense pour l’armée syrienne .

« Nous sommes bien formés et apportons un support fondamental à l’armée syrienne quand Al-Nosra attaque les entrées de la ville… Si l’une des positions de l’armée tombe, nous allons directement la soutenir et reprendre le contrôle »

La ville dispose également d’équipes logistiques et d’une équipe d’urgence qui vient en aide aux victimes.

Les courageux habitants de Mhardeh, n’ont manqué de rien depuis le début de la crise en 2011. La partie occidentale de la région est restée libre et ils peuvent sortir pour sécuriser les besoins quotidiens de la ville en nourriture et en armes. Les habitants ont maintenu leurs activités quotidiennes habituelles. Les célébrations de mariage et les funérailles n’ont jamais cessé ici. Par ailleurs, la diaspora de la ville soutient financièrement l’effort de résistance.

Concernant leur foi, Abu Fahd affirme que porter les armes ne fait pas partie de leur foi chrétienne, qui appelle au pardon mutuel et à la paix, mais il déclare :

« Nous avons été obligés de porter les armes pour défendre notre histoire, notre civilisation et notre dignité. Nous n’avons pas choisi cette guerre, mais nous ne permettrons pas que notre terre et nos familles soient violées. »

Si l’Eglise ne prend part aux combats, elle soutient implicitement l’effort de guerre défensive. Les habitants de Mahrdeh gardent un moral d’acier, mais vivent jour après jour dans l’éventualité d’une nouvelle attaque de leur territoire et soupirent après un retour à la stabilité de leur pays.

La rédaction

Source : Orthodox Christian Network

Image d’illustration : Depositphotos

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