« Vous adorez ce que vous ne connaissez pas […] car le salut vient des Juifs »

« Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! Que ma langue reste collée à mon palais, si je ne me souviens plus de toi, si je ne place pas Jérusalem au-dessus de toutes mes joies ! »

Venant de la Judée et retournant en Galilée où Il résidait, Jésus s’arrête au puits de Jacob, situé à Sychar, en Samarie (ce qui veut dire qu’Il se promenait dans ce que les journalistes appellent aujourd’hui les « territoires occupés »). De toute évidence cette notion de « territoires occupés » n’existait pas dans l’esprit de Jésus qui connaissait les frontières bibliques de la Terre Promise aux descendants d’Abraham, Isaac et Jacob.

Mais ce qui va retenir notre attention, c’est une partie de la conversation que Jésus a avec cette femme :

Nos ancêtres ont adoré sur cette montagne et vous dites, vous, que l’endroit où il faut adorer est à Jérusalem. (Jean 4:20)

On sait que les Samaritains estimaient que les « vrais » Juifs, c’étaient eux, et non pas les descendants de la tribu de Juda car ceux-ci avaient adoré le veau d’or (les musulmans retiennent la même accusation contre les Juifs et les considèrent, par conséquent, comme des mécréants). Déjà au 4ème siècle avant notre ère, les Samaritains avaient fait du Mont Garizim (situé en Samarie) le lieu où ils adoraient Dieu. La Bible nous dit ceci sur ce peuple :

Ainsi, ils craignaient l’Eternel tout en servant leurs dieux d’après la coutume des nations d’où on les avait exilés. Aujourd’hui encore, ils suivent leurs premières coutumes: ils ne craignent pas l’Eternel et ils ne se conforment ni à leurs propres prescriptions et règles, ni à la loi et aux commandements donnés par l’Eternel aux descendants de Jacob, celui qu’il a appelé Israël. (2 Rois 17 : 33-34)

Ce n’est pas pour rien que notre texte dit (Jean 4:9) « Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains. » On peut comprendre cette animosité de la part des Juifs vis-à-vis de ces Samaritains qui les considéraient comme « rejetés » par Dieu. Mais Jésus, le « Roi des Juifs » le « Messie d’Israël » connaissait la vérité sur cette question et voilà pourquoi, lorsqu’Il envoie ses disciples en mission, Il leur dit (Mat.10 :5-6): « N’allez pas vers les non-Juifs et n’entrez pas dans les villes des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la communauté d’Israël. » Ce qui veut dire clairement que Jésus ne considérait pas les Samaritains comme des Juifs (bien que c’est ce qu’ils réclamaient).

L’attitude des Samaritains reflète bien celle de beaucoup de chrétiens qui eux aussi, pensent que Dieu a rejeté les Juifs à cause de leur désobéissance. Ils les accusent de ne pas avoir accepté Jésus (alors que plusieurs milliers d’entre eux l’ont accepté et suivi). Ils accusent les Juifs d’avoir tué Jésus (alors que ce sont les soldats romains qui ont mis Jésus sur la croix et que Lui-même disait :

Personne ne me l’ôte (ma vie), j’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre. (Jean 10:18)

Les chrétiens en arrivent à proclamer que les « vrais » Juifs, ce sont eux. Qu’ils ont pris la place d’Israël dans le plan de Dieu. Ils se substituent à Israël et ils suivent donc la « Théologie de la substitution ». Ils en arrivent au point où pour eux, Jérusalem n’a plus aucune importance. Le fait que ce soit la ville que Dieu a choisie pour y mettre Son Nom et pour Se révéler au monde à travers les 2 Temples, n’a aucune signification pour eux. Le fait que c’est là, sur le Mont Morija, que Dieu avait demandé à Abraham de sacrifier Isaac n’a aucune signification. Il aurait tout aussi bien pu lui demander de le sacrifier sur le Mont Blanc… On en arrive même à la conclusion que le fait que Jésus a donné Sa vie pour nous dans cette ville, que c’est là qu’on l’a enterré, que c’est là qu’Il est ressuscité et que c’est de là qu’Il est monté au ciel, n’a aucune importance, que tout cela aurait pu se passer à Paris ou Moscou… Le prophète Zacharie annonce le lieu de Son retour :

Ses pieds se poseront, ce jour-là, sur le mont des Oliviers qui est vis-à-vis de Jérusalem, du côté est. (Zacharie 14:4)

Vu que les plus grandes églises ne se trouvent pas à Jérusalem mais aux USA et dans d’autres pays, on se demande pourquoi Jésus reviendra-t-Il dans cette ville, si celle-ci n’a plus aucune importance ? De toute évidence cette ville, ce pays, ont et auront encore une énorme importance. Ce n’est pas par hasard que Jérusalem est devenue LA ville qui est convoitée par beaucoup de monde et notamment par les palestiniens qui veulent en faire leur « capitale ». Certains en sont arrivés à la conclusion que cette ville sera l’enjeu de la troisième guerre mondiale. Malheureusement, la plupart des chrétiens n’ont pas compris l’importance de cette ville et de ce pays dans le plan de Dieu. Beaucoup sont comme les Samaritains : ils préfèrent lui nier cette place primordiale que Dieu lui a conférée. Et des versets comme celui-ci (et bien d’autres) (Psaume 137:5-6) : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! Que ma langue reste collée à mon palais, si je ne me souviens plus de toi, si je ne place pas Jérusalem au-dessus de toutes mes joies ! » n’ont plus aucune signification à leurs yeux et semblent faire partie d’une autre époque… Il est vrai que pour la majorité des « chrétiens » (catholiques), la capitale du christianisme n’est pas Jérusalem, mais Rome. Et pour pas mal de protestants, le lieu de la Réforme, là où leur foi est ancrée, c’est Genève et non pas Jérusalem.

Vous connaissez l’expression « Des racines et des ailes ». Mais pour avoir des « ailes », il faut d’abord avoir des « racines ». Nous devons nous souvenir que notre Dieu n’est pas n’importe quel « dieu » mais c’est le Dieu d’Israël, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, comme cela nous est rappelé tant de fois dans la Bible. Ce n’est pas par hasard si le Fils de Dieu s’est incarné en tant que Juif, qu’Il est né en Israël et a exercé tout Son ministère en Israël. Si nous perdons cette notion, alors notre foi est basée sur notre propre conception de Dieu et non pas sur une conception biblique. En quelque sorte, c’est comme si on avait renversé le verset qui dit : « Et Dieu créa l’homme à Son image » et il est devenu : « Et l’homme créa Dieu à son image ». C’est-à-dire qu’on s’est débarrassé du Dieu que la Bible nous présente et qu’on s’est fait un « Dieu » qui nous convient mieux. On lui a enlevé son identité liée au peuple Juif, au pays d’Israël, pour ne pas heurter les sensibilités, surtout de ceux qui ont un problème avec ce peuple et ce pays…

Quand Yéshoua (Jésus en hébreu) reviendra, il est étonnant de lire la façon dont il est présenté dans le livre de l’Apocalypse :

Ne pleure pas, car le lion de la tribu de Juda, le rejeton de la racine de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. (Apocalypse 5:5)

Si cet esprit de supériorité samaritain nous a contaminés, il est temps de se rappeler ce que Jésus disait aux Samaritains

Vous adorez ce que vous ne connaissez pas […] car le salut vient des Juifs. (Jean 4:22)

Pour connaître ce(lui) que nous adorons, il nous faudra donc apprendre pour comprendre, afin de pouvoir adorer Dieu « en esprit et en vérité ».

Luc HENRIST

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