Le 3 août dernier, un homme soupçonné d’avoir participé à une attaque ayant tué une trentaine de chrétiens au Nigeria a été arrêté. Deux jours plus tôt, des milliers de fidèles avaient assisté au service funéraire.
Huit jours après l’attaque meurtrière dans un village nigérian à majorité chrétienne de l'État de Kaduna, un suspect a été arrêté, rapporte International Christian Concern (ICC). Prénommé Salihu Miakailu et âgé de 48 ans, il a été emmené au poste de police le 3 août dans la soirée.
"Le suspect reste en garde militaire pendant que les enquêteurs travaillent à établir toute la portée de son implication et à découvrir tous les complices liés à l'attaque", a affirmé une source militaire, relayée par ICC. Les autorités n’ont pas encore dévoilé les preuves qui accusent ce musulman peul.
Le 26 juillet, vers 23h30, deux hommes armés avaient ouvert le feu sur des chrétiens pendant qu’ils dormaient, dans le village de Naridon. Ils ont ensuite incendié plusieurs maisons. Trente civils, dont huit enfants, sont décédés lors de l’attaque, tandis que plusieurs blessés ont été signalés.
En réaction, le porte-parole du Conseil législatif du gouvernement local de Kauru et conseiller représentant le quartier de Kamaru, Stephen Hajara, avait demandé en urgence aux autorités de protéger les chrétiens en déployant davantage de personnels de sécurité.
"Chaque mois, nous enterrons notre peuple. Le mois dernier, nous avons enterré 11 personnes, dont des enfants. Aujourd'hui, nous devons faire face à une nouvelle sépulture collective de 30 personnes. Ça suffit, s'il vous plaît ! Venez à notre secours."
Le 1er août, des pasteurs et de nombreux fidèles ont assisté à un service funéraire pour enterrer les vingt-sept catholiques assassinés. Des funérailles pour les trois victimes évangéliques, également tués lors de cette même attaque, se sont tenues la semaine dernière.
"Alors que les cercueils étaient abaissés dans leur lieu de repos final, le village était submergé par le chagrin", a déclaré l'évêque catholique du diocèse de Kafanchan, le révérend Julius Yakubu Kundi, avant d’ajouter :
"Les cris douloureux des parents en deuil ont résonné à travers le cimetière, reflétant les blessures profondes infligées à la communauté. (...) Dieu voit tout. Il connaît la douleur de son peuple, et il récompensera chacun selon ses actes. Aucun acte de mal n'échappe à son jugement, et aucun sacrifice fait dans la foi n'est oublié devant lui."
Mélanie Boukorras