Des violences sans précédent frappent le Nigeria, alors que trois nouvelles victimes ont péri le 5 septembre et que plus de 3 000 chrétiens ont été tués depuis le début de l'année. Ces vagues de massacres et d'enlèvements, menées par des groupes djihadistes, sont même qualifiées de "génocide", selon certains religieux du pays.
Il s’agit de la dernière attaque en date. Le 5 septembre, au Nigeria, trois chrétiens ont été tués dans deux villages du comté de Mangu, par des terroristes peuls présumés. "Un chrétien a été tué dans la communauté de Fungtim, tandis que deux autres chrétiens ont été tués dans la communauté de Kinat", a déclaré Lawrence au Christian Daily International.
Deux jours plus tôt, deux personnes ont également été assassinées dans des villages majoritairement chrétiens. Il s'agit de Bulus Danladi, 78 ans, tué dans le village de Kop-Naanle, et Kwopnaan Lot Yunana, 33 ans, tué dans le village de Kinat.
Les mois de juillet et août ont également été particulièrement meurtriers. Dans la nuit du 26 au 27 juillet, par exemple, trente chrétiens ont été assassinés dans le village de Naridon, dans l’État de Kaduna, selon l’ONG Portes Ouvertes. La plupart des victimes étaient des femmes et des enfants.
Ces violences envers les chrétiens nigérians durent depuis des années et s’inscrivent dans un cadre de tensions d’origine religieuses, foncières et climatiques. Et pour cause, dans la région centrale appelée Middle Belt, s’opposent les éleveurs nomades, souvent musulmans, aux agriculteurs sédentaires, souvent chrétiens.
Les conflits concernent le contrôle des terres et des ressources en eau, des différends qui ont été aggravés par le changement climatique. L’État et les forces de sécurité restent quant à eux impuissants, depuis que des organisations comme Boko Haram et l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) mènent une insurrection.
"C’est un génocide aux mains des djihadistes"
Selon l’ONG Portes Ouvertes, la situation au Nigeria est si alarmante en matière de liberté religieuse que le pays a réintégré la liste des pays “particulièrement préoccupants” établie par les États-Unis.
Le rapport établi par l’International Society for Civil Liberties and the Rule of Law (Intersociety) montre quant à lui que dans le pays, les massacres ne sont plus seulement humains : des villages entiers sont incendiés, des populations sont déplacées, des églises sont détruites et certains prêtres sont contraints de quitter leurs paroisses. Durant les huit premiers mois de l’année, 400 églises ont été attaquées et 25 prêtres ou pasteurs ont été tués ou enlevés.
"L’élimination totale de la population chrétienne est en cours. C’est un génocide aux mains des djihadistes", affirme Monseigneur Wilfred Chikpa Anagbe, évêque de Makurdi. Portes Ouvertes, ONG au service des chrétiens persécutés, a lancé une pétition pour soutenir les chrétiens d’Afrique subsaharienne.
Mélicia Branco