Bioéthique: des attentes mais aussi des préoccupations, montre la synthèse des Etats généraux

Bioéthique: des attentes mais aussi des préoccupations, montre la synthèse des Etats généraux

Des attentes mais aussi des préoccupations: le Comité national d'éthique a livré lundi dernier sa synthèse des Etats généraux de la bioéthique, nouvel élément pour éclairer la confection d'une future loi.

Au terme de six mois de consultations de citoyens, experts, associations, institutions, religions (environ 120 auditions nationales, quelque 300 débats citoyens en régions notamment), ce rapport ne contient aucune préconisation ni prise de position. Seul objectif: restituer, le plus objectivement possible, la diversité des points de vue exprimés depuis janvier, sous le pilotage du comité présidé par le Pr Jean-François Delfraissy.

Ces quelque 300 pages constituent "une photographie inédite des attentes et lignes de tension" sociétales sur plusieurs thématiques au programme (extension des tests génétiques, nouvelles possibilités de procréation, IA, prévention, environnement, juste soin, greffes et xénogreffes, santé en outremer...), résume le CCNE dans un communiqué. Si les positions sont contrastées, trois attentes fortes ressortent, selon l'institution: des progrès scientifiques utiles et accessibles à tous, une information claire et un accompagnement renforcé face aux innovations ainsi qu'un virage accentué vers la prévention, en incluant la dimension environnementale.

Des préoccupations récurrentes apparaissent aussi: un risque d'accroissement des inégalités, si certaines innovations ne bénéficiaient qu'à une partie de la population, la protection des plus vulnérables (maladie, handicap, précarité ou dépendance), la soutenabilité du système de santé. Pour le développement des tests génétiques par exemple, le débat porte surtout sur les limites à poser, surtout lorsqu'ils touchent à la procréation, aux origines ou à la santé future. Les tests génétiques dits "récréatifs" suscitent ainsi des avis contrastés: une majorité de participants aux Etats généraux y adhère pour éclairer l’histoire familiale, mais refuse leur extension à des informations médicales en accès libre.

Quant à la procréation, les débats montrent "une tension persistante entre le souhait d’accompagner l’évolution des projets parentaux et la crainte d’une médicalisation excessive de la procréation ou d’une logique de sélection". Plusieurs sujets restent fortement discutés, observe le comité d'éthique: gestation pour autrui, AMP (ou PMA) post mortem, ROPA (technique d'AMP/PMA au sein d'un couple de femmes, quand l'une fournit les ovocytes et l'autre porte l'enfant), autoconservation des ovocytes...

Prochaine étape: le CCNE publiera son avis mi-novembre. Il devra concilier les vues de ses 45 membres: scientifiques, médecins, juristes, philosophes, représentants des différentes familles philosophiques et religieuses, etc. Aux politiques ensuite de construire la future loi de bioéthique, pas avant 2028, après les échéances de la présidentielle et des législatives.

La Rédaction avec l'AFP

Crédit image : Shutterstock / Garun .Prdt

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