Un ressortissant polonais soupçonné d'avoir vandalisé le populaire sanctuaire catholique marial de Medjugorje, un acte sans précédent qui a provoqué l'émoi en Bosnie, a été placé le 30 juillet en détention provisoire pour une période de 30 jours, a indiqué un tribunal de Sarajevo.
Bartlomiej Krakowiak Wlodzimierz, 31 ans, a été arrêté le 28 juillet dans la région de Medjugorje, dans le sud de la Bosnie, quelques heures après avoir commis, selon le parquet et la police, plusieurs "actes de vandalisme" dans le sanctuaire, visité chaque année par plus d'un million de fidèles, dont des milliers de Polonais.
Site de pèlerinage depuis plus de quatre décennies, il a obtenu en 2024 une reconnaissance du Vatican, accompagnée de réserves par rapport aux apparitions présumées continues de la Vierge pour les six personnes qui l'y auraient vue en 1981, et qui affirment continuer à avoir des "visions".
Le ressortissant polonais est soupçonné par le parquet d'avoir dégradé "par des messages offensants" la statue centrale représentant la Vierge sur la "Colline des apparitions", et d'avoir mis le feu à l'autel extérieur de l'église Saint-Jacques, au coeur du sanctuaire.
Le matin, les fidèles avaient découvert avec stupéfaction la statue de la Vierge dont le visage et les mains étaient maculés avec de la peinture noire, ainsi que le message en anglais "Devil in a skirt" (Diable en jupe) écrit sur le socle de la statue. Par ailleurs, une banderole avec les noms des "voyants" de la Vierge, qualifiés en polonais d'"imposteurs", a été accrochée à une clôture dressée autour de la statue.
Bartlomiej Krakowiak Wlodzimierz, qui, selon son avocate citée par la presse locale, a plaidé coupable, est soupçonné de plusieurs infractions : notamment de dégradation ou destruction de lieux de culte et d'incitation à la haine, actes passibles de peine maximale de huit ans de prison.
Selon la procureur Nives Kanevcev, citée par les médias, il est arrivé en Bosnie il y a deux mois et a "soigneusement planifié ses actions". Dans sa décision ("Nihil obstat") de reconnaissance du sanctuaire de Medjugorje, le Dicastère (ministère) pour la doctrine de la foi du Vatican avait loué en septembre 2024 "l'abondance des fruits spirituels" de ce lieu, sans toutefois se prononcer sur les "messages présumés" de la Vierge aux fidèles.
Par cette décision, un feu vert a été donné "à la dévotion et à l'expérience spirituelle" des fidèles, une reconnaissance qui toutefois "n'implique pas un jugement sur la vie morale des présumés voyants".
En 2013, le pape François avait semé le trouble parmi les pèlerins en émettant des doutes sur les apparitions continues de la Vierge à Medjugorje. "La Vierge, disait-il, n'est pas un chef du bureau de poste qui enverrait des messages tous les jours".
La Rédaction (avec AFP)