Le 30 juillet, plus de 60 000 migrants marocains ont traversé la frontière par la mer et se sont rendus illégalement à Ceuta, une enclave espagnole en Afrique du Nord. Face à cette crise, un pasteur évangélique appelle à l'amour du prochain et à la sécurité pour les habitants de la ville.
Environ 60 000 migrants marocains sont entrés illégalement dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, le 30 juillet. Au moins 72 d’entre eux sont décédés, selon le dernier bilan du 2 août. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré que "presque" tous les migrants étaient rentrés chez eux, annonçant que la situation était "quasiment" revenue à la normale, le 3 août.
"La crise ne peut évidemment pas être considérée comme terminée (...) mais nous disons que son évolution est très importante."
Des vidéos, largement diffusées sur les réseaux sociaux, ont montré l’afflux des migrants dans les quartiers du sud de la ville. La peur s’est emparée de nombreux habitants, qui se sont barricadés chez eux, face à des individus tentant d’entrer dans des commerces et des résidences.
En réaction, des centaines de manifestants antimigrants se sont rassemblés le 31 juillet devant l'ambassade du Maroc à Madrid pour dénoncer ce qu'ils qualifient d'"invasion" migratoire. Parmi les slogans : "Sauvons l'Espagne" ou encore "Espagne chrétienne, non musulmane". Des contre-manifestations en soutien aux migrants se sont également tenues, notamment à Ceuta, où les manifestants scandaient : "Les fascistes hors de notre ville !"
"Dignité et compassion"
Le pasteur de l’église évangélique Casa de Alabanza à Ceuta, Javier Santolaria, a rappelé, dans un entretien publié par le site d’information Protestante Digital, l’importance de répondre à "l’appel d’aimer Dieu et notre prochain". Ainsi, il réaffirme que "chaque personne est créée à l’image de Dieu" et "doit être traitée avec dignité et compassion".
Un appel partagé par l’Église catholique espagnole. Le diocèse de Cadix-Ceuta a ainsi proposé son aide en garantissant sa "pleine disponibilité à collaborer avec les institutions civiles et les organismes compétents" afin de contribuer à "faire face à tout besoin qui pourrait surgir". De leur côté, les paroisses de la ville ont recueilli les offrandes des fidèles pour soutenir les migrants.
Pour autant, le pasteur évangélique souligne également la responsabilité des autorités, qui doivent "prendre soin des citoyens de Ceuta et assurer leur sécurité".
"Les deux ne sont pas incompatibles. Nous devons aimer notre prochain, mais nous devons aussi exiger que ceux qui occupent des postes de responsabilité remplissent leurs devoirs sérieusement et de manière responsable."
L’église, qui se veut un phare d’espoir, prie pour les autorités, la police ainsi que les institutions impliquées, notamment les professionnels de santé. Elle appelle également les chrétiens du monde entier à s’unir dans la prière pour les migrants et les habitants de la ville. De son côté, le pape Léon XIV a déclaré "suivre avec inquiétude la situation alarmante à Ceuta", priant pour "que des solutions de paix, de stabilité et de justice soient trouvées", lors de l’Angélus du 2 août.
Le 4 août prochain, les ministres de l’Intérieur des différents pays de l’Union européenne se réuniront pour évoquer cette crise migratoire et les tensions diplomatiques qui ont suivi. En effet, cet événement a engendré une crise d’une rare ampleur au sein de l’Union européenne.
Mélanie Boukorras