Encyclique Magnifica humanitas sur l'IA : "Une parole réfléchie pour l’Église"

Encyclique Magnifica humanitas sur l'IA : "Une parole réfléchie pour l’Église"

Ce lundi matin, l'encyclique Magnifica humanitas, portant sur la protection humaine à l'ère de l'intelligence artificielle et signé par le Pape Léon XIV, sera présentée dans la salle du Synode au Vatican. Il s'agit de la première encyclique de son pontifat. Pour l'occasion, InfoChrétienne a rencontré le prêtre et théologien français, Laurent Stalla Bourdillon, afin d'échanger sur l'importance de ce texte très attendu, portant sur l'un des défis majeurs de nos sociétés. 

  • InfoChrétienne : Quand un pape publie une encyclique, qu’est-ce que cela représente réellement dans la vie de l’Église ? 

Laurent Stalla Bourdillon : Lorsqu'un un pape publie une encyclique, il n’ajoute pas seulement un texte doctrinal de plus ; il offre une lecture des grands bouleversements du monde à la lumière de l’Évangile, au service du Salut de chaque personne. L’encyclique oriente ainsi le discernement de toute l’Église sur des enjeux jugés décisifs pour l’humanité, comme aujourd’hui la révolution numérique et l’intelligence artificielle.

  • InfoChrétienne : Concrètement, comment naît une encyclique ? Est-ce le fruit d’une réflexion personnelle du pape, d’un travail collectif avec des théologiens, des experts, des cardinaux… et combien de temps peut demander l’écriture d’un tel texte ?

Laurent Stalla Bourdillon : Une encyclique naît d’abord de la prière et du discernement personnel du pape, mais elle s’enracine dans la mission universelle de l’Église et s’appuie sur un vaste travail collectif. Théologiens, experts, dicastères romains et pasteurs apportent leurs analyses, de sorte que le texte mûrit sur plusieurs mois, voire plusieurs années, avant d’être publié comme une parole réfléchie pour l’Église et pour le monde.

  • InfoChrétienne : Le choix du nom d’un pape n’est jamais anodin. Le fait d’avoir choisi le nom Léon peut-il être interprété comme un signal fort adressé à notre époque, notamment face à la révolution de l’intelligence artificielle, un peu comme Léon XIII avait accompagné les bouleversements de la révolution industrielle ?

Laurent Stalla Bourdillon : Choisir le nom de Léon renvoie immédiatement à Léon XIII, ce n’est donc pas un clin d’œil anecdotique. Léon XIV se place dans cette lignée en affrontant les mutations provoquées par l’intelligence artificielle, non comme un simple problème technique, mais comme un défi anthropologique majeur pour la dignité de la personne humaine.

  • InfoChrétienne : Cela fait plusieurs années maintenant que l’Église catholique réfléchit sérieusement aux enjeux de l’intelligence artificielle. Pourquoi l’Église considère-t-elle que ce sujet est spirituellement et humainement majeur ?

Laurent Stalla Bourdillon : L’Église considère l’intelligence artificielle comme un enjeu spirituel et humain majeur, parce qu’elle touche directement la manière dont nous comprenons ce que signifie être humain. L’usage effréné des technologies, surtout lorsqu’elles exploitent notre besoin de relation, affaiblit la conscience de la dignité de chaque personne ; c’est pourquoi l’Église veut éclairer ces développements, éduquer à un usage critique et veiller à ce que ces outils restent véritablement au service de l’homme et de son Salut.

La Rédaction

Crédit image : Shutterstock / PhotoGraph-ic

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