L'archidiocèse de San Francisco a annoncé le 29 juin avoir conclu un accord pour payer 395 millions de dollars à environ 530 victimes de violences sexuelles commises par les membres de son clergé, pour mettre un terme à leurs poursuites judiciaires.
Ces violences sur mineurs, qui remontent souvent à plusieurs décennies, ont longtemps été prescrites, jusqu'à ce que la Californie vote une loi donnant une fenêtre de trois ans aux victimes pour se manifester et engager des poursuites, entre début 2020 et fin 2022, pour des faits pourtant anciens.
L'accord "ouvre la voie à une indemnisation équitable pour les survivants qui ont porté le poids de ces abus toute leur vie", a estimé l'archevêque de San Francisco, Monseigneur Salvatore Cordileone, dans un communiqué.
"Nous assumons l'entière responsabilité de ce qui s'est passé, et je présente mes sincères excuses à toutes les personnes qui ont été lésées", a-t-il ajouté, en évoquant "l'obligation morale" de l'Eglise catholique d'apporter une réponse à ses crimes. Cet accord financier doit encore être approuvé par un vote des victimes, avant d'être validé par un juge.
"Aujourd'hui, la honte va changer de camp", a réagi l'une des victimes, Margie O'Driscoll, agressée sexuellement il y a près de 50 ans dans un établissement scolaire catholique.
"Comme tous les survivants, j'ai porté cette douleur et cette honte comme un boulet pendant très, très longtemps", a-t-elle insisté lors d'une conférence de presse, en rappelant toutes les années où les victimes ont été "méprisées par l'archidiocèse".
"La souffrance la plus profonde est celle de ceux qui sont morts pendant que cette affaire traînait en longueur, sans que leur nom ne soit jamais cité au tribunal ni qu'ils reçoivent d'excuses de la part de l'archevêque", a-t-elle rappelé.
Jeff Anderson, l'un des avocats représentant un grand nombre de victimes, a salué une "avancée majeure", en soulignant qu'au-delà des compensations financières, l'accord force l'archidiocèse à instaurer 14 mesures pour "protéger les enfants et donner les moyens d'agir aux survivants".
L'institution va notamment devoir engager un consultant indépendant à qui elle donnera accès à toutes ses archives, chargé de produire un rapport sur les violences commises. Une liste partielle des auteurs d'abus devra également être publiée, et une ligne téléphonique servant à signaler de futures violences sexuelles doit être créée.
L'Église catholique fait face partout dans le monde à des scandales de violences sexuelles. Leur gestion varie grandement selon les pays : en Espagne par exemple, où le pape Léon XIV s'est rendu début juin, l'Eglise est encore très critiquée pour son opacité sur la question.
La Rédaction (avec AFP)