Mobilisation des lycéens et étudiants : et si l’Église devenait un phare ?

Mobilisation_et_si_Église_devenait_phare

Depuis le 17 septembre, des centaines de milliers de lycéens manifestent partout en France pour dénoncer les absences d’enseignants et la dégradation des locaux. Des milliers d’interpellations et de nombreuses dégradations ont été signalées depuis le début de ce mouvement. Dans ce climat de tension, Darja Reichör, pasteure de l’Église BOOM à Marseille, lance un appel à écouter la jeunesse.

Comment passer à côté de la mobilisation des lycéens et des étudiants ? Comment ne pas entendre le cri du cœur de cette jeunesse française ? Et nous, chrétiens, quelle posture devons-nous adopter face aux tensions et aux inquiétudes qui traversent notre société ? Tant de questions que nous pouvons nous poser en ces temps troublés. En priant à ce sujet, une image m’est venue : celle d’un phare.

Et plus j’y réfléchissais, plus cette image prenait tout son sens. Jésus est notre lumière dans l’obscurité. Il est cette lueur d’espérance lorsque tout semble flou, incertain et sombre. Il est celui qui éclaire notre chemin lorsque nous ne savons plus quelle direction prendre.

Jésus déclare dans Jean 8.12 : "Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie." Et si, au milieu des combats de notre jeunesse, nous choisissions de refléter cette lumière ?

Une jeunesse qui demande à être entendue

Je crois que beaucoup de jeunes arrivent au bout de quelque chose. Ils ont besoin d’être entendus, d’être vus, d’être pris au sérieux. Ils ont besoin de réponses, de perspectives et surtout d’espérance.

Ce qui me touche dans cette mobilisation, c’est de voir une jeunesse qui refuse de rester silencieuse face à ce qui la préoccupe. Une jeunesse qui ose exprimer ses inquiétudes et ses attentes. Je préfère voir une jeunesse qui cherche à se faire entendre plutôt qu’une jeunesse invisible, qui se replie sur elle-même, convaincue que sa voix ne compte pas.

Cela ne signifie en aucun cas cautionner les violences ou les débordements. Je tiens d’ailleurs à condamner fermement les dégradations, les actes de vandalisme et toutes les formes de violence, qui ne peuvent jamais être justifiés par des revendications. Mais cela ne doit pas nous empêcher de reconnaître qu’au-delà des manifestations et des tensions, il y a des jeunes, des visages, des histoires et des cœurs qui ont besoin d’être entendus et écoutés.

Il est temps de se tenir à la brèche

Il est évident que des événements se déroulent dans le monde visible. Mais la Bible nous rappelle également l’existence d’une réalité spirituelle. Éphésiens 6.12 nous rappelle que notre combat ne se limite pas à ce qui est visible. Cela ne signifie pas que ceux qui pensent différemment de nous sont nos ennemis. Au contraire ! Notre appel est d’aimer, de rechercher la paix et de porter l’espérance de Jésus au milieu des tensions.

Dans Ézéchiel 22.30, Dieu parle de chercher quelqu’un qui se tienne à la brèche en faveur du pays. Et si c’était précisément notre responsabilité aujourd’hui ?

Qui doit se tenir à la brèche ? Nous, les chrétiens. Nous, l’Église ! Jésus nous dit dans Matthieu 5.14 : "Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée." Un phare ne fait pas disparaître la tempête. Il ne calme pas nécessairement les vagues. Mais il reste debout, il éclaire et il indique une direction à ceux qui risquent de se perdre. Et si notre rôle était précisément d’être ce phare au milieu de la tempête ?

Alors, que pouvons-nous faire concrètement ?

La première chose que nous pouvons faire, c’est prier. Jacques 5.16 nous rappelle :

"La prière agissante du juste a une grande efficacité."

Prions pour notre jeunesse française. Pour que ces jeunes soient entendus et pris au sérieux. Pour qu’ils trouvent des réponses, mais surtout pour que la lumière de Jésus éclaire leur cœur. Que l’espérance renaisse là où le découragement s’est installé.

Prions pour les forces de l’ordre, les pompiers et toutes les personnes mobilisées sur le terrain. Pour leur protection, leur sécurité et leur discernement. Que les tensions s’apaisent et que chacun puisse agir avec sagesse. Prions pour nos autorités. Dans 1 Timothée 2.1-2, Paul nous encourage à intercéder pour ceux qui exercent l’autorité.

Prions pour que nos dirigeants reçoivent sagesse, discernement et humilité, et qu’ils prennent des décisions justes pour l’avenir de notre pays.

Et au-delà de nos prières, soyons disponibles pour écouter cette génération, l’accompagner et lui témoigner concrètement l’amour de Jésus. Être un phare, c’est notre identité. Être un phare, ce n’est pas une posture que nous adoptons uniquement lorsque le monde traverse une crise. Ce n’est pas quelque chose que nous choisissons d’être aujourd’hui pour l’oublier demain. C’est notre identité en Christ.

Jésus ne dit pas : "Essayez d’être la lumière du monde." Il dit : "Vous ÊTES la lumière du monde." (Matthieu 5.14) Voilà qui nous sommes !

Alors, au milieu des tensions que traverse notre pays, ne laissons ni la peur, ni la colère, ni l’indifférence définir notre attitude. Soyons une Église qui prie. Une Église qui écoute. Une Église qui aime. Une Église qui porte l’espérance. Car lorsque le monde traverse une tempête, ce n’est pas le moment pour le phare de s’éteindre. C’est précisément le moment où sa lumière devient indispensable.

Darja Reichör, pasteure de l’Église BOOM à Marseille

Crédit image : Shutterstock / Pierre Laborde

Dans la Rubrique Société >



Les nouvelles récentes >