La justice du Sri Lanka doit se prononcer ce mardi sur le sort de 24 personnes accusées d'avoir participé, le dimanche de Pâques 2019, aux attentats les plus meurtriers de l'histoire du pays.
Le 21 avril 2019, huit assaillants avaient semé la terreur dans l'île en se faisant exploser dans trois églises et autant d'hôtels de luxe du pays, causant la mort de 279 personnes dont 45 étrangers.
La police avait aussitôt attribué ces attaques-suicide à un mouvement jihadiste qui avait prêté allégeance au groupe État islamique (EI). Mais au fil de l'enquête, l'Église catholique, la presse et plusieurs témoins ont mis en cause les services de renseignement sri-lankais, accusés d'un complot qui visait à semer le chaos sur l'île pour favoriser l'élection de Gotabaya Rajapaksa à la présidence.
Un ex-officier de ces services, le général à la retraite Suresh Sallay, a été écroué en février dans ce dossier. L'ancien chef de l'État n'a pas été formellement mis en cause mais la justice lui a interdit de quitter le pays. En juin dernier, le ministre de la Sécurité publique Ananda Wijepala avait présenté devant le Parlement le général Sallay comme le "cerveau" des attentats. M. Rajapaksa a vigoureusement nié toute implication.
Dans un procès connexe, l'ancien chef de la police et l'ex-secrétaire général du ministère de la Défense ont été condamnés à mort en juillet pour avoir failli à empêcher ces attentats. Ce matin, un tribunal de la capitale Colombo doit rendre son jugement à l'encontre de 24 personnes poursuivies pour meurtres, tentatives de meurtres et complicité de meurtres en relation avec une entreprise terroriste, détention d'armes et d'explosifs.
Les médias sri-lankais anticipent déjà leur condamnation à la peine capitale, comme pour les deux responsables jugés en juillet. Si la peine de mort est toujours en vigueur dans son code pénal, le Sri Lanka a suspendu de fait depuis 1976 les exécutions, généralement commuées en réclusion criminelle à perpétuité.
Pendant le procès, l'accusation a présenté Mohamed Naufar comme le cerveau des attaques du Pâques 2019. À l'audience, lui et tous les autres accusés ont démenti toute participation. Trois d'entre eux ont parallèlement été inculpés pour actes de terrorisme par le département américain de la Justice devant un tribunal fédéral californien. L'audience du tribunal doit s'ouvrir mardi à 9H30 (04h00 GMT) sous haute sécurité.
"Au vu de l'importance de ce dossier, nous avons pris des dispositions particulières pour assurer la sécurité dans et autour du tribunal", a indiqué la police.
La Rédaction (avec AFP)