Des défenseurs des victimes de violences sexuelles dans l'Église ont appelé, jeudi à Lima, le pape Léon XIV à promulguer un décret de "tolérance zéro" contre les agresseurs et ceux qui les couvrent, à la veille d'une tournée en Amérique du Sud.
Bishop Accountability, une organisation américaine à but non lucratif, a présenté lors d'une conférence de presse une liste de 77 religieux "publiquement accusés d'agressions sexuelles sur mineurs" au Pérou. Le souverain pontife entame vendredi une tournée en Amérique du Sud qui le conduira en Uruguay, en Argentine et au Pérou, sa patrie d'adoption.
Le Vatican a annoncé qu'il rencontrerait des victimes de violences sexuelles au cours de ce voyage, sans préciser où ces rencontres auraient lieu. "Ce que le pape peut faire aujourd'hui pour mettre fin à cette situation déplorable, ou du moins pour l'améliorer considérablement, c'est adopter un décret (...) de tolérance zéro envers les personnes reconnues coupables d'abus sexuels", a déclaré Anne Barrett Doyle, codirectrice de l'organisation. "Qu'elles soient définitivement exclues de l'Église", tout comme les "personnes reconnues coupables d'avoir couvert ces actes", a-t-elle ajouté.
Cette demande a reçu le soutien de José Escardo, président du Réseau des survivants d'agressions de ce type au Pérou. "Ces personnes doivent être livrées à la justice civile et ne doivent pas être jugées uniquement par l'Église", a-t-il souligné.
José Escardo, 56 ans, est l'une des victimes du Sodalicio de Vida Cristiana, une organisation catholique ultraconservatrice péruvienne dont le pape François a ordonné la dissolution en 2025, à l'issue d'une longue enquête menée par le Vatican.
Sur la liste publiée par Bishop Accountability, qui recense en majorité des affaires déjà connues, figurent trois évêques, dont le cardinal à la retraite et ancien archevêque de Lima, Juan Luis Cipriani.
Selon Anne Barrett Doyle, cette base de données s'appuie sur des informations publiées dans la presse et des documents judiciaires accessibles sur internet. La militante a demandé au pape d'ordonner aux évêques péruviens de publier les noms des personnes "accusées", afin de prévenir de nouvelles violences sur des enfants et d'aider les victimes à se reconstruire.
La Rédaction avec l'AFP