31 octobre 1517 : Martin Luther à l’origine de la Réforme protestante

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Le 31 octobre marque l’anniversaire de la Réforme protestante, initiée en 1517 par Martin Luther. À cette occasion, retour sur la vie de ce moine allemand, dont les convictions ont bouleversé l’histoire du christianisme. 

Martin Luther était un moine augustin allemand, théologien, prédicateur et écrivain, en profond désaccord avec les pratiques de l’Église catholique romaine. Selon la tradition, le 31 octobre 1517, il affiche ses 95 thèses à Wittenberg en Allemagne pour dénoncer la vente des indulgences, des sommes versées à l’Église en échange de la rémission de peines liées aux péchés, marquant ainsi le début de la Réforme protestante. Selon lui, les chrétiens sont sauvés par la foi et la grâce divine seule. Il affirme également que la Bible, et non le pape, constitue l’autorité suprême en matière de foi (Sola Scriptura, l’Écriture seule).

En affichant ses thèses, il souhaitait avant tout réformer l’Église catholique et corriger certaines pratiques et certains enseignements qu’il contestait. C’est finalement le refus de Rome, puis son excommunication, qui l’ont conduit à une rupture qu’il n’avait pas souhaitée.

Martin Luther a également marqué l’histoire du protestantisme en traduisant la Bible en allemand. À une époque où les textes bibliques n'étaient accessibles qu'en latin, la traduction a permis à davantage de fidèles de lire la Bible dans leur langue.

Le moine regardait en revanche l’Église orthodoxe éthiopienne de façon positive. D’après David D. Daniels, de l’université de Chicago, il a parlé de l’Éthiopie chrétienne au moins 15 fois dans ses écrits. Il y voyait une Église non corrompue par la papauté, avec des pratiques proches de celles des apôtres. En 1534, il a rencontré à Wittenberg un clerc éthiopien de passage, Michel le diacre, cette rencontre l'a marqué. Il a peut-être même été influencé par ces pratiques.

Il a également adopté une position différente sur un sujet sensible : le suicide. Pendant des siècles, beaucoup d’églises ont estimé que se suicider était un péché impardonnable et certaines refusaient des funérailles. Luther n’était pas d’accord puisqu’en 1532, il expliquait que ces personnes sont vaincues par le pouvoir du diable, comme un homme tué par un voleur dans les bois. Il restait pourtant prudent, car selon lui, ce point de vue ne devait pas être enseigné au peuple.

Si ses écrits antisémites sont aujourd’hui connus, beaucoup ignoraient qu’il avait d’abord défendu les Juifs d’Europe en critiquant les mauvais traitements de l’Église catholique. En 1523, il plaidait contre leur expulsion et les appelait "cousins et frères de notre Seigneur", en espérant que certains se convertiraient. Face au faible nombre de conversions, il a changé de ton et publié en 1543 Sur les Juifs et leurs mensonges, un texte que les nazis ont ensuite repris.

Mélicia Branco

Crédit image : Shutterstock / Stig Alenas (2024)

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