Les actes de haine anti-chrétiens ont augmenté cette année à Jérusalem. La ville partagée entre le christianisme, le judaïsme et l’islam peine à préserver un équilibre déjà fragile, c'est le résultat alarmant d'une étude menée sur le terrain depuis le début de l'année.
À Jérusalem, les actes hostiles envers les chrétiens sont plus nombreux en 2026 et la haine les visant a encore progressé. Un nouveau rapport du Centre de Données sur la Liberté Religieuse (RFDC, Religious Freedom Data Center en anglais) révèle que durant le dernier trimestre de cette année les violences envers les chrétiens ont encore augmenté.
Le dernier rapport du RFDC a recensé 96 incidents entre juillet et septembre de cette année, soit 106 actes de harcèlement, sachant qu’un même incident peut compter plusieurs atteintes envers les chrétiens. La hausse est nette : le trimestre d’avril à juin comptait 76 incidents (83 actes) et celui de janvier à mars seulement 31 incidents, soit 44 actes.
Les vacances israéliennes et l’augmentation des visiteurs dans la Ville Sainte expliquent en partie la hausse des incidents durant le dernier trimestre, précise le RFDC. Le centre souligne toutefois que son bilan reste partiel : il ne repose que sur le travail des bénévoles de sa ligne d’assistance, et de nombreux cas ne sont sans doute pas signalés.
Les crachats sont de loin le premier type de harcèlement, qu’ils visent des chrétiens ou leurs églises : ils représentent 73 % des actes du troisième trimestre.
“Dans les conversations informelles avec le clergé, nous entendons souvent : “pas une semaine ne passe sans que quelqu'un me crache dessus””
Des dizaines d’incidents impliquant des actes de crachats ont été rapportés presque chaque mois, toujours selon le rapport.
Le rapport juge que la situation semble s’aggraver. Pour se protéger du harcèlement, de nombreux membres du clergé sortent sans leur tenue religieuse, cette prudence provoque l’effacement progressif des chrétiens dans la vie publique israélienne. En conséquence, le RFDC conclut : “En l'absence de représentation visible de la présence chrétienne, nous rencontrons à plusieurs reprises des cas où des Juifs, surpris de découvrir des chrétiens dans la ville, réagissent de manière inappropriée.”
Mélicia Branco