La Fraternité traditionaliste Saint-Pie X, dont les six évêques ont été excommuniés début juillet par le Vatican, a déposé un recours auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi du Vatican, à l'origine de ces sanctions.
Le 2 juillet, le Vatican avait confirmé l'excommunication de six évêques de cette Fraternité, actant le "schisme" avec Rome de ce mouvement traditionaliste qui venait alors de défier l'autorité du pape en consacrant quatre nouveaux évêques. La Fraternité avait alors regretté des sanctions "injustes et invalides", tout en assurant de sa dévotion intacte envers l'Eglise catholique.
Dans un communiqué, cette dernière a annoncé avoir "déposé le 11 juillet un recours préliminaire auprès de ce même Dicastère", conformément au droit canonique. "Cette démarche, qui constitue le préalable requis avant l'introduction éventuelle d'un recours hiérarchique, a pour effet de suspendre l'exécution du décret" actant l'ex- communication des évêques, indique-t-elle par ailleurs.
"Par ce recours, la Fraternité entend exercer le droit que l'Église reconnaît à toute personne qui s'estime lésée par un acte administratif de demander sa rectification, dans un esprit de respect envers l'autorité ecclésiastique et de fidèle attachement à la justice, à la vérité et au bien de l'Église", a ajouté la Fraternité.
Cette communauté fondée par l'évêque français Marcel Lefebvre, forte d'environ 600.000 fidèles dans le monde, avait déjà été à l'origine d'une première rupture avec le Vatican en 1988, avant que la sanction ne soit levée en 2009 par Benoît XVI dans un souci d'apaisement.
Elle rejette en bloc les évolutions de l'Eglise depuis le Concile Vatican II (1962-1965), qui a profondément transformé l'institution, défendant un modèle de société traditionnellement patriarcal et un idéal d'Etat théocratique. Bien qu'influente dans certains milieux conservateurs, la Fraternité demeure assez minoritaire au sein de l'Église catholique et ses quelque 1,3 milliard de fidèles.
La Rédaction (avec AFP)