Afrique du Sud : des étrangers sans papiers réfugiés dans une église

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Des dizaines de ressortissants étrangers ont cherché refuge le 20 mai dans un centre religieux de Durban (est), où des groupes d'habitants intensifient une campagne menée depuis plusieurs semaines en Afrique du Sud contre les sans papiers.

Des manifestations anti-migrants, petites mais très bruyantes, se sont multipliées à travers le pays. Un groupe de Durban a enjoint aux étrangers sans papiers de quitter le pays avant le 30 juin.

Environ 250 personnes, principalement des femmes et des enfants, se sont réfugiées derrière les grilles du bâtiment du Conseil des Églises de Diakonia, dans le centre de la grande ville du KwaZulu-Natal. Certaines ont déclaré craindre pour leur sécurité après une campagne de harcèlement et de menaces.

Miriamu Mokonzi, originaire du Kivu en guerre, en République démocratique du Congo, a raconté à l'AFP que des groupes de personnes étaient venus chez elle ce week-end pour lui demander quand sa famille partait.

"Ils ont prévenu que si nous ne partons pas avant la fin du mois, nous serons attaqués ou tués (...) C'est pourquoi je suis ici avec mes enfants", a-t-elle ajouté.

Grande ville portuaire et centre économique majeur, Durban est devenue un foyer de violences xénophobes, des groupes organisés ciblant les étrangers sous différentes bannières.

Le groupe "March and March", dirigé par des hommes en tenue traditionnelle zouloue portant des boucliers et des bâtons, a enjoint aux sans-papiers de quitter le pays avant le 30 juin, les accusant d'être des criminels.

Ses exigences ne sont pas soutenues par les autorités, mais elles ont suscité l'inquiétude parmi les migrants, la désinformation diffusée sur les réseaux sociaux alimentant les tensions.

De nombreuses personnes rassemblées au centre religieux affirment avoir été harcelées à leur domicile, notamment dans les townships et les bidonvilles, par des groupes d'autodéfense menaçants qui faisaient du porte-à-porte. Plusieurs femmes disent s'être fait dérober leurs téléphones portables, de l'argent et d'autres biens.

Moses Ombeni, également originaire de RDC, indique que les migrants rassemblés au centre viennent de plusieurs pays africains, notamment du Burundi, du Rwanda, d'Ouganda et de Tanzanie.

Leur groupe avait cherché refuge dans un poste de police en début de semaine, mais a été contraint de partir lorsque la police a utilisé des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes, en blessant certains, a-t-il déclaré.

L'Afrique du Sud est en proie à des vagues récurrentes de violences xénophobes depuis 2008, année où des dizaines de migrants avaient été tués et des milliers déplacés lors d'attaques à travers le pays. Des troubles similaires se sont produits en 2015 et de nouveau en 2021, souvent déclenchés par des frustrations économiques et une mobilisation politique autour d'une rhétorique anti-immigrés.

Cette nouvelle flambée de xénophobie survient alors que les partis politiques cherchent à rassembler des voix en vue d'élections locales prévues dans six mois.

La Rédaction (avec AFP)

Crédit image : Shutterstock / hyotographics

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