Sept travailleurs humanitaires américains de l'ONG évangélique Samaritan's Purse, impliqués dans la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC), sont actuellement en quarantaine dans un centre américain au Kenya.
"Tous sont asymptomatiques et à l'heure actuelle n'ont pas été testés positifs à Ebola", a-t-il ajouté. L'ONG américaine Samaritan's Purse a fait état de "sept membres américains" de cette structure chrétienne évangélique actuellement en "isolement au Kenya".
"Aucun d’eux ne présente de symptômes, mais ils sont placés en quarantaine par le gouvernement kényan pendant 21 jours", affirme encore Samaritan's Purse, qui dit "posséder une grande expérience dans la lutte contre Ebola" après être intervenu lors de l’épidémie de cette maladie au Liberia en 2014 ainsi que lors de l’épidémie de 2019 en RDC.
"Ils sont hébergés dans de grandes tentes militaires installées sur une zone clôturée et gravillonnée, ils dorment sur des lits de camp militaires, et leur nourriture est fournie par l’armée américaine", poursuit l'ONG.
Une source humanitaire ayant requis l'anonymat à Kinshasa a indiqué à l'AFP que les sept membres de Samaritan's Purse actuellement au Kenya sont cas contacts d'un autre employé testé positif et qui a été évacué, via Nairobi, vers l'Allemagne, où il a été hospitalisé pour y être traité la semaine dernière.
Un centre de quarantaine américain au Kenya
C'est la première fois que les États-Unis confirment que des Américains sont en quarantaine dans ce centre d'une capacité prévue de 50 lits - un projet pourtant suspendu par la justice kényane.
Contacté par l'AFP, le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, a dit n'être "pas au courant", bien qu'un responsable du département d’État américain ait indiqué à l'AFP que "les autorités kényanes avaient autorisé" leur placement "dans le centre sous la surveillance de médecins du service américain de santé publique".
M. Duale s'était engagé mi-juin à suspendre l'ouverture de ce centre de quarantaine, construit par Washington pour ses ressortissants potentiellement exposés au virus Ebola qui a provoqué une épidémie de fièvre hémorragique déclarée mi-mai en RDC. Le centre est installé sur la base aérienne de Laïkipia, à environ 200 km au nord de la capitale Nairobi. L'annonce de son accueil au Kenya avait suscité la colère de nombreux Kényans, dont le pays n'a pas de frontière commune avec la RDC et n'a jamais été contaminé par le virus.
Trois personnes ont été tuées dans des manifestations contre cette structure. Les autorités américaines interdisent à leurs ressortissants de rentrer directement de RDC aux États-Unis en raison de l'épidémie d'Ebola. Des Américains ayant participé "à la riposte contre Ebola en RDC se sont volontairement installés dans l'établissement au Kenya, pour un isolement et une surveillance préventifs", a expliqué dans un courriel à l'AFP un responsable du département d’État.
La justice kényane avait interdit fin mai au gouvernement kényan de poursuivre ce projet de centre de quarantaine américain et de permettre l'entrée au Kenya de personnes exposées à Ebola. Elle avait ensuite déclaré Aden Duale coupable d'"outrage" parce qu'il avait publiquement affirmé vouloir aller de l'avant malgré la décision de justice. Mais le ministre avait été dispensé de peine quand il avait annoncé à l'audience la suspension du projet.
Plus de 2.000 infections ont été confirmées et près de 800 décès recensés en RDC depuis le début de l'épidémie, qui continue de s'y propager. L'Ouganda, voisin de la RDC et du Kenya, a réussi à endiguer l'épidémie. 20 cas y ont été recensés, dont deux mortels, mais le dernier patient, guéri, a quitté l'hôpital jeudi.
La Rédaction (avec AFP)