Inde : des chrétiens quittent leur domicile après une attaque

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Le 21 septembre dernier, des familles chrétiennes ont été victimes d’une attaque d’extrémistes hindous en Inde. Les croyants ont refusé de renier le Christ malgré le danger.

À partir du 6 septembre et pour trois dimanches consécutifs, des villageois hindous ont perturbé les rassemblements dominicaux des chrétiens, dans le village de Bhandardigi en Inde, rapporte Morning Star News. Après ces événements, les familles ont été convoquées plus de six fois par le chef du village et le conseil entre le 13 et le 20 septembre.

Après un mois de harcèlement, plusieurs familles chrétiennes ont quitté leur domicile après la dernière attaque en date du 21 septembre, parce qu’elles "ont refusé de renoncer à leur foi en le Christ", selon MSN. "Il y avait d'autres familles chrétiennes dans le village, mais elles ont toutes été converties de force à l'hindouisme", explique Vikas Salam, l’une des victimes de l’attaque. Depuis des années, ces chrétiens ont toujours refusé de céder aux pressions qui leur était imposée, mais elles se sont intensifiées "au cours des trois dernières années", sous l’impulsion d’extrémistes hindous locaux, a-t-il ajouté.

"Nous suivons Jésus depuis 10 ans", a déclaré Salam, 24 ans, à Morning Star News (MSN).

"Les villageois nous ont dit de retourner au giron hindou ou de quitter le village." 

Par manque de preuves, les forces de l’ordre n’ont pris aucune mesure à l’encontre des assaillants, selon le villageois. Les familles étaient seules à défendre leur cause. Lorsque Vikas Salam a tenté d’expliquer la gravité des faits, "les anciens du village ont rapidement interrompu et ont dit qu'ils nous avaient juste giflés deux ou trois fois et c'est tout", a-t-il confié.

Après l’attaque, plusieurs hauts fonctionnaires s'étaient rassemblés pour demander aux familles de quitter le village ou de renoncer à leur foi. "Si nous avions été prêts à renoncer au Christ, ces hauts fonctionnaires n’auraient pas eu besoin de venir nous mettre la pression, s’ils sont venus, c’est précisément parce que nous n’étions pas prêts à renoncer", a déclaré Vikas Salam. "Nous avons décidé de quitter notre terre, notre propriété, notre maison et notre village ancestral", a expliqué le villageois.

“Nous vivrons dans une ville lointaine, où nous aurons la liberté d'aller à l'église et d'adorer Jésus, même si nous devons travailler comme travailleurs au salaire quotidien.”

Selon l’ONG Portes Ouvertes, l’Inde se situe à la 12e place des pays où les chrétiens sont les plus persécutés en raison de leur foi. Depuis l’arrivée du Premier ministre Narendra Modi en 2014, les fidèles sont souvent violentés et discriminés à cause du nationalisme hindou. De nombreux États indiens appliquent les lois anti-conversion ce qui restreint la liberté religieuse des minorités. L'ONG dénonce des modes opératoires multiples comme l'attaque d'église, l'incendie de lieux de culte ou encore des arrestations arbitraires.

Mélicia Branco

Crédit image : Shutterstock / Manoej Paateel

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