Le Soudan compte 2,2 millions de chrétiens, tous menacés par la guerre et le gouvernement du pays qui fait pression sur les églises. C’est le cas de l’église soudanaise du Christ, fondée en 1982 à Khartoum.
Au Soudan, les différents gouvernements du pays font pression sur les dirigeants des églises, pour les effacer de la société, rapporte International Christian Concern. Pour y parvenir, les autorités n’ont pas hésité à encourager les conflits internes et à prendre possession des propriétés de l’église lorsque les communautés étaient divisées. Ceux qui ont résisté ont fait face aux menaces, à l’emprisonnement et pire encore.
Depuis 1982, l’église soudanaise du Christ Marzouq Branch lutte contre ces répressions. Selon des sources locales, le gouvernement essaie plus que jamais de prendre le contrôle des propriétés de l’église.
"Ils ne viennent pas toujours avec des armes à feu en premier. (...) Ils viennent avec des papiers, avec des promesses et avec des menaces. Puis ils divisent les bergers, de sorte que les brebis deviennent faciles à disperser et que la terre devienne facile à prendre', a expliqué un pasteur local, associé à International Christian Concern (ICC), souhaitant rester anonyme.
Seuls les comités nommés ou reconnus par l’État soudanais sont déclarés légitimes. Les voix opposées, elles, doivent affronter des batailles juridiques prolongées et des interventions du gouvernement dans la gestion de l’église. Une information révélée dans des dossiers judiciaires et des communications administratives.
Depuis que la guerre a éclaté en avril 2023, au moins 165 églises et d’autres encore ont été forcées de fermer. Certaines ont été converties en bases militaires ou en dépôts d’armes, alors que d’autres ont été détruites durant les combats.
Missionné par les Nations Unies, l’Envoyé Personnel pour le Soudan, Pekka Haavisto, a rencontré les dirigeants de l’Église soudanaise à Khartoum. Cette rencontre, qui a eu lieu le 9 septembre dernier, a permis aux religieux du pays de s’exprimer sur les dommages causés aux lieux de culte et à des années de marginalisation et d’ingérence. 'Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est que nos frères et sœurs du monde entier soient avec nous dans la prière et dans la vérité', a confié le pasteur soudanais.
Mélicia Branco