L'ONU "profondément alarmée" par les attaques meurtrières dans le centre du Nigeria

L'ONU profondément alarmée par les attaques meurtrières dans le centre du Nigeria

Le chef des droits de l'homme de l'ONU s'"est alarmé" jeudi par la série d'attaques meurtrières contre des villages perpétrées dans le centre du Nigeria, qui ont fait près de 200 morts, selon les autorités locales.

Des groupes armés ont mené des attaques entre samedi soir et mardi matin dans l'Etat du Plateau au Nigeria, une région en proie depuis plusieurs années à des tensions religieuses et ethniques.

Les attaques ont eu lieu pendant les fêtes de Noël. L'Etat du Plateau est situé à mi-chemin entre le Nord à majorité musulmane et le Sud à majorité chrétienne. "Je suis profondément préoccupé par la série d'attaques menées par des hommes armés contre plusieurs communautés rurales de l'Etat du Plateau", a déclaré le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Turk, dans un communiqué.

"J'appelle les autorités nigérianes à enquêter rapidement, de manière approfondie et indépendante" sur ces attaques "conformément au droit international relatif aux droits humains, et à demander des comptes aux responsables dans le cadre de procès équitables", a-t-il ajouté.

"Le cycle de l'impunité qui alimente les violences récurrentes doit être brisé de toute urgence. Le gouvernement doit également prendre des mesures significatives pour s'attaquer aux causes profondes sous-jacentes et garantir la non-répétition de ces violences dévastatrices", a-t-il souligné.

Les populations des régions du nord-ouest et du centre du Nigeria vivent dans la terreur des attaques des groupes jihadistes et des bandes criminelles qui pillent les villages et tuent ou enlèvent leurs habitants.

Depuis des années, une âpre compétition fait rage également entre éleveurs et agriculteurs sur ce territoire, les seconds accusant les premiers de saccager leurs terres avec leur bétail.

Aggravées par le changement climatique et l'explosion démographique dans ce pays de 215 millions d'habitants, les violences sporadiques ont débouché sur une grave crise sécuritaire, entre attaques de bandits lourdement armés et représailles sans fin entre communautés, mais aussi humanitaire.

Le conflit jihadiste a également causé la mort de plus de 40.000 personnes dans le nord-est du Nigeria et le déplacement de plus de 2 millions de personnes depuis 2009.

Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a fait de la lutte contre l'insécurité une priorité depuis son arrivée au pouvoir en mai, alors qu'il cherche à encourager les investissements étrangers dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

La Rédaction (avec AFP)

Crédit image : Shutterstock/ Viktor_IS

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